par Jean-Michel Manderick

PLAYOFFS 2007

La finale sous la loupe

LeBron James . (NBAE/Getty Images)
Les cinq de base
A priori, l’expérience et les titres glanés ces dernières années placent les Spurs dans la peau des grands favoris de ces Finals. Mais LeBron James et ses équipiers n’ont-ils pas prouvé qu’ils étaient capables de créer la surprise en écartant les Pistons ? Reste qu’avec des garçons comme Bruce Bowen et Tim Duncan, San Antonio possède une solide assise défensive, à laquelle devra s’adapter « L’Elu ». Pour ce qui est de la ligne arrière, Tony Parker pourra s’appuyer sur sa vitesse, mais aussi sur la confiance qu’il a accumulée tout au long de la saison, et sa connaissance de ce genre de grand rendez-vous. Face à lui, Larry Hughes est sans doute conscient qu’il n’a pas le même impact que son homologue français en attaque, mais des garçons comme Jason Kidd puis Chauncey Billups sont pourtant passés à la trappe lors des tours précédents. Pour ce qui est des arrières/ailiers, la combinaison Bowen-Finley est certes bourrée d’expérience, mais apparaît assez vieillissante face à la paire James-Pavlovic, ce dernier ayant signe quelques prestations remarquées cette saison, et on ne parle pas du niveau exceptionnel atteint par James au tour précédent. A l’intérieur, Tim Duncan sera épaulé par l’Argentin Oberto. Reste à savoir dans quelle mesure Gooden et Ilgauskas sauront rivaliser avec les Texans.

Pour conclure, il apparaît évident que si les Cavs veulent inquiéter les Spurs, ils devront pouvoir compter sur un LeBron James au sommet de son art, c’est-à-dire aussi précis que collectif comme lors des derniers matches des finales de Conférence. A ses côtés, les Hugues, Gooden et autre Ilgauskas devront connaître leur partition sur le bout des doigts, et la moindre baisse de régime pourrait s’avérer fatale.

Les remplaçants
Posséder un talent du calibre de Manu Ginobili sur le banc constitue un luxe qui fait rêver n’importe quelle équipe. L’Argentin s’accommode en effet parfaitement à son rôle de remplaçant, puisqu’il est le 3e meilleur marqueur des Spurs en playoffs. Ceci dit, à l’exception du très productif arrière, les Texans ne pourront s’appuyer que sur l’adresse à distance de Robert Horry ou Brent Barry, toujours précieux dans les moments chauds, mais guère explosifs. Tout le contraire d’un Anderson Varejao qui apporte de l’énergie à chacune de ses apparitions. Mais outre le Brésilien, les Cavaliers peuvent aussi compter sur le vétéran Donyell Marshall, Eric Snow comme back up à la mène, mais aussi et surtout sur l’improbable Daniel Gibson, rookie d’1,88 mètres (20 ans), décisif lors du Game 6 face aux Pistons, avec 31 pts (à 12/15) en 29 minutes !

Les facteurs X
Du côté des coaches, l’expérience de Greg Popovich (SAS) sera évidemment déterminante tandis que le charisme de Mike Brown (CLE) peut contribuer à transcender ses troupes.
Par ailleurs, il est intéressant de rappeler que les Cavs ont déjà battu San Antonio à deux reprises cette saison. 88-81 la première fois, début novembre, avec 35 unités de James, mais aussi 18 pts de Hugues, tandis que la paire Duncan-Parker (25+21) avait tenté de limiter la casse. Lors de la seconde confrontation, Cleveland s’imposait 82-78, avec un Tony Parker brillant (26 pts) et un Duncan efficace (18 pt,s 15 rbds) mais qui restèrent trop seuls face aux 6 joueurs ayant inscrit au moins 8 unités pour Cleveland.
Enfin, San Antonio aime les années impaires: 1999, 2003, 2005, synonymes de titres, et maintenant 2007. Les Spurs s'apprêtent à défier Cleveland, à partir de jeudi, pour un quatrième sacre en huit saisons.

L’avis de TP
« Notre équipe n'est plus très jeune, et ce sera l'une de nos dernières chances de gagner le championnat avec cet effectif. Et puis moi, à titre plus personnel, j'ai envie de marquer l'histoire. J'aimerais égaler par exemple les Lakers de O'Neal et Bryant qui ont eu trois titres sur une même période. »
Et au sujet de Tim Duncan : « Tim joue à nouveau comme un MVP. Il est très performant cette saison mais n'oubliez pas que son pied lui a fait mal toute l'année dernière. Pour moi, ce gars est vraiment le meilleur joueur de la Ligue dos au panier et puis quel défenseur ! »
Quant à l’efficacité du trio magique qu’il forme avec Ginobili et Duncan : « Il est clair que, quand nous sommes tous les trois à ce niveau, les Spurs deviennent pratiquement imbattables. Et, en restant bien concentrés, je pense même qu'on peut faire mieux encore que face à Utah. Pour ma part, je suis bien, je contrôle le tempo de l'équipe et j'aime ça. Quand en plus tous les joueurs à côté rentrent leurs shoots, le basket devient vraiment très facile à jouer ».