Les impressions de Tony Parker après la finale
Je veux aider les enfants. C’est pour cette raison que je fais mon camp en France et je veux faire la même chose pour la NBA. La NBA m’a contacté pour me demander si je voulais faire quelque chose pour aider les enfants. J’ai tout de suite accepté. J’aime faire ce genre de choses, j’ai de la chance et j’ai envie d’en faire profiter les enfants.
Comment pensez-vous que les enfants que vous rencontrerez à Trévise vont réagir ?
Nous sommes des modèles pour ces enfants. Parfois, ils nous écoutent plus que leurs propres parents. Nous pouvons leur donner des conseils et les aider à réaliser leurs rêves.
En quoi ce camp est-il différent des autres ?
C’est pour une bonne cause. J’aime m’engager pour ce genre de causes.
Je voudrais savoir si vous êtes descendu de votre nuage 48 heures à peine après la victoire finale?
Je suis encore sur un nuage, c’est la fête ici. Ce soir va être encore génial, nous allons faire la parade et je vais pouvoir me rendre compte du soutien de la ville et des fans. J’espère que tout ça va durer le plus longtemps possible.
Lorsque vous rentrerez en France, vous allez changer de statut. Jusqu’à présent, vous étiez probablement plus connu aux Etats-Unis qu’en France, mais ça risque de changer. Etes-vous préparé à tout ça ? Même si vous semblez avoir la tête sur les épaules, le côté showbiz et médias ne risque-t-il pas de prendre le pas sur le côté sportif ?
Je ferai certainement quelques émissions de télévision à mon retour mais je connais mes priorités. A mon retour, ça sera Trévise pour le camp de la NBA, ensuite mon camp puis l’équipe de France. Je garde mes objectifs en tête, tous les à côtés, ça fait partie des extras.
En tant que basketteur NBA, vous disposez de plus de repos que les footballeurs par exemple, vous avez tout l’été pour faire des relations presse, prendre du repos et vous préparer pour la saison suivante.
C’est vrai qu’on a un peu plus de vacances, mais moi je n’en aurai pas beaucoup car je vais jouer tout l’été avec l’équipe de France, ça sera un bon été.
Il y a dix ans, il y a eu un effet « Dream Team » en France. Sentez-vous un effet Parker se développer ?
Pour l’instant, je ne me rends pas trop compte. Je pense que je réaliserai à mon retour en France, lors de mon camp et lors du match du 8 octobre à Bercy avec les Spurs. C’est là que je pourrai voir s’il y a un effet. J’essaie de représenter la France du mieux possible et j’espère que les gens sont fiers de moi.
Vous êtes Champion NBA à 21 ans, ne pensez-vous pas que la banalisation de vos exploits pourrait faire replonger le basket en France ?
Je ne pense pas. Lorsque tu gagnes un titre, que tu fais une dynastie comme les Bulls avec Jordan ou les Lakers avec Kobe et Shaq, tu prends une autre dimension. Si en plus, les résultats de l’équipe de France suivent, ça sera comme un rêve, le monde parfait. Je ne pense pas que les gens se lasseront de voir gagner quelqu’un.
Avec le recul, à quoi attribuez-vous votre baisse de régime sur les trois derniers matches ? Avez-vous été rattrapé par la pression ? Etait-ce la défense des Nets ? Qu’est ce qui a fait que les Nets ont si bien réussi à vous contenir lors des trois derniers matches ?
Après réflexion, il faut donner du crédit aux Nets. Ils ont bien défendu sur moi et sur les pick-and-roll avec des prises à deux. Ils se sont très bien adaptés.
Pensez-vous qu’en vue de la saison prochaine, les autres équipes NBA vont étudier les cassettes pour défendre sur vous, même si l’équipe des Spurs risque de ne pas avoir le même visage que celle de cette année.
On verra bien. Je m’adapterai aussi, ça sera complètement différent la saison prochaine.
A 21 ans, vous avez réalisé votre rêve d’enfance. Avez-vous un nouveau rêve à réaliser ?
Bien sûr, j’ai toujours de nouveaux objectifs. C’est comme ça que j’avance. On va essayer de faire un back-to-back, défendre notre titre et j’espère devenir un jour All-Star.
Après la finale, vous parliez déjà du Championnat d’Europe. C’est quelque chose qui vous tient à cœur ?
Revenir en France, essayer de faire un résultat avec l’équipe de France serait vraiment bien. Ca serait dans la continuité de ce que je viens de faire.
Comment expliquez-vous que tout soit allé si vite ?
On ne peut pas contrôler. Je n’aurais jamais pensé arriver là à cet âge là. Je suis tombé dans une bonne équipe et j’ai travaillé.
Quelques rumeurs annoncent Jason Kidd chez les Spurs l’année prochaine, quelle est votre réaction ? Pouvez-vous aussi nous confirmer que vous serez bien à San Antonio l’année prochaine ?
Je serai à San Antonio l’année prochaine, c’est sûr. En ce qui concerne Jason Kidd, ce n’est pas moi qui contrôle. S’il vient, nous serons associés sur le terrain.
Il serait un atout supplémentaire pour que les Spurs conservent leur titre selon vous ?
Bien sûr. Un joueur comme Jason Kidd, partout où il est allé, il a fait progressé l’équipe. Une association avec Jason Kidd donnerait certainement l’un des meilleurs « backcourt » de la NBA.
Si Kidd ne vient pas, les Spurs ont deux options : recruter un « grand » ou attendre et essayer de recruter Kevin Garnett ou Tracy McGrady en 2004. Quelles seraient vos préférences ? Connaissez-vous personnellement ces joueurs ?
Il y a tellement de possibilités, tellement de joueurs libres cet été : Michael Olowokandi, Elton Brand, Jermaine O’Neal, Brad Miller, Radoslav Nesterovic… Je n’ai pas d’affinités spéciales avec eux. Je peux jouer avec n’importe qui. La base, c’est Manu Ginobili, Tim Duncan, Malik Rose, et moi et elle ne va pas changer. Le joueur que l’on va recruter va nous faire progresser mais ne changera pas l’équipe, Tim Duncan sera toujours l’option numéro 1.
Sacramento penserait à échanger Mike Bibby et Hedo Turkoglu avec Jason Kidd. Qu’en pensez-vous ?
Ca serait un renfort pour Sacramento. De toutes façons, Turkoglu n’a pas été très utilisé et Mike Bibby a été déçu cette année. Par rapport à ses gros playoffs de l’année dernière, il n’a pas été aussi bon. Sacramento et lui ont été déçus. Ils espèrent peut-être recruter Jason Kidd, je ne sais pas. Ce n’est pas bête comme « trade ».
Etiez-vous au courant de cette rumeur ?
Je ne lis pas trop les journaux, je n’ai pas tellement eu le temps. J’ai plutôt été en train de faire la fête.
David Robinson vous avait critiqué après le match 4. Etait-ce juste sur le moment ?
Ca n’était rien du tout. Ce sont les journalistes qui ont inventé ça. Vous aimez bien.
C’est tout de même assez rare qu’un coéquipier en critique un autre en finale, surtout venant de David Robinson.
Il a juste dit que j’avais pris quelques mauvais shoots et vous en avez fait toute une histoire. Je m’entends bien avec Robinson, il n’y a pas de problèmes. Il a été le premier à me faire un câlin lorsque l’on a reçu la coupe.
Avez-vous pris conscience de ce qui se dit en France sur votre exploit ?
Un petit peu, mais c’est dur pour moi de réaliser ce qui se passe en France. En tout cas, ici c’est de la folie, partout où je vais c’est la folie. C’est comme lors de la Coupe du Monde de football en 1998 en France, les fans sont fous. En plus, nous allons faire la parade tout à l’heure, ça va être de la folie. Pour ce qui est de la France, on verra bien quand je rentrerai.
Avez-vous eu des échos des autres sportifs qui vous ont suivi en France ? Est-ce qu’ils vous ont appelé pour vous féliciter ?
Bien sûr. Cela fait toujours plaisir que des grands sportifs, forts dans leurs sports, vous appellent et apprécient ce que vous faites.
Avez-vous ressenti une grande fierté d’être au centre du sport français durant ces playoffs ?
Un petit peu, oui. Cela fait toujours plaisir.
On annonce de jeunes joueurs français l’année prochaine en NBA. Pensez-vous que c’est une bonne chose ?
Bien sûr. Plus nous aurons de joueurs en NBA, plus l’équipe de France sera forte.
Après avoir atteint le top avec les Spurs, vous visez le top avec l’équipe de France ?
Je vais essayer d’amener tout ce que j’ai appris avec les Spurs à l’équipe de France. Nous avons un très belle équipe de France. Ce sera la première fois que cette équipe sera réunie. J’espère que nous arriverons à trouver un système pour jouer tous ensemble. Plus il y aura de joueurs NBA, plus il faudra que l’on apprenne à jouer ensemble parce qu’il n’y a qu’un ballon sur le terrain.
Quel est votre avis sur Lebron James ? L’avez-vous vu jouer ? Pensez-vous que les comparaisons avec Michael Jordan sont fondées ?
C’est dur de se faire un avis, il jouait contre des gamins en High School. Je pense que les gens mettent beaucoup de pression sur lui. J’ai l’impression que quoiqu’il fasse, ça ne sera jamais assez. C’est dur de faire ce que Jordan a fait, il a tourné à 26 points de moyenne pour sa première année en NBA. Lebron James devrait aller à Cleveland qui n’est pas une super équipe, ça fait beaucoup de pression pour un joueur de 18 ans. Je crois que Jordan avait 21 ans quand il est arrivé en NBA.
Mais vous êtes bien Champion NBA à 21 ans !
Chacun fait ses exploits. Lebron James est très fort, mais c’est un peu tôt pour dire que c’est un Jordan, un Kobe ou un McGrady.
Savez-vous quels joueurs NBA participeront à votre camp cet été ?
Ca sera encore à Paris, à la Défense avec Malik Rose, Bruce Bowen et Richard Jefferson.
Pensez-vous que le cigare que vous avez fumé soit un bon exemple pour la jeunesse française ?
Non, ce n’est pas un bon exemple, mais les gens savent que je ne fume pas. C’était vraiment une très grande victoire et tout le monde fumait le cigare, alors j’ai suivi mes coéquipiers. Au début, je ne voulais pas mais ils m’ont dit « vas-y, prends-le ! », alors je l’ai pris.
Quelle émission de télé aimeriez-vous faire en France ?
J’en ai un peu parlé avec mon agent, mais nous ne nous sommes pas encore décidés.
Votre exploit a été salué par tous les joueurs de l’équipe de France, ne pensez-vous qu’il risque d’y avoir de la jalousie lors de votre retour chez les Bleus ?
Je ne pense pas. Tout le monde respecte le titre NBA. Quand tu gagnes le titre, en NBA et en France aussi je pense, les joueurs te respectent. Ils savent comme c’est dur de gagner un titre, tout le travail qu’il faut accomplir.
Vos adversaires seront donc plus méfiants vis-à-vis de l’équipe de France ?
Bien sûr. L’équipe de France a maintenant un autre statut, je pense que les arbitres nous respecteront. C’est clair que les joueurs qui joueront contre moi voudront prouver qu’ils sont forts.
Votre objectif avec l’équipe de France est de faire ce que Nowitzki fait avec l’Allemagne ?
Oui, exactement.
L’attachement à l’équipe de France semble être important pour vous.
Oui. Je suis en équipe de France depuis l’âge de 14 ans, j’y suis habitué, j’aime ça et j’ai envie de faire des résultats.
Ca n’a pas toujours été le cas pour tous les joueurs français qui jouent en NBA.
Chacun fait ses choix.
A partir de quand avez-vous pensé que le titre était possible pour les Spurs ?
Dès le début de l’année. Arrivés au training camp, on avait une très bonne équipe. Avec l’apport de Ginobili et l’intronisation de Stephen Jackson dans le cinq majeur, j’ai pensé que nous avions plus d’armes, que nous n’étions plus une équipe jouant autour de Tim Duncan. On avait vraiment une chance de gagner.
Le déclic n’a pas été la série de huit victoires à l’extérieur en février ?
Il y a des étapes tout au long de la saison et c’en était une.
Je crois qu’il existe un pari entre Tim Duncan et vous lorsqu’il rentre un trois points et lorsque vous dunkez, qui a gagné ?
C’est lui qui a gagné, 5-3.
Les joueurs de l’équipe de France de football vous ont beaucoup suivi. Allez-vous suivre leur parcours en Coupe des Confédérations ?
Bien sûr, j’adore le football. J’ai commencé par le football avant de me mettre au basket. Je vais suivre leurs résultats.
Vous les avez eu au téléphone ?
Oui, ils m’ont tous félicité.
Où situez-vous Mickael Piétrus et Boris Diaw pour la prochaine draft ? Avez-vous parlé de votre pote Boris à Gregg Popovich ?
J’espère qu’ils seront draftés haut. Mickael est parti pour être dans le top 15 et Boris sera entre 15 et 25. Je suis très content pour eux. Deux Français au premier tour, ça serait génial. Ensuite, si Boris arrive à San Antonio, on fera la fête, mais je pense qu’il sera drafté plus haut.
La presse est-elle venue vous voir pour que vous parliez d’eux ?
Oui, ils venaient me voir pour me demander ce que je pensais de Boris et de Mike.
Vous semblez très fatigué. Combien d’heures avez-vous dormi depuis la remise du trophée ? Sans indiscrétions, pourriez-vous nous raconter ce que vous avez fait après le match ?
C’est privé. Tout ce que je peux dire, c’est que je n’ai pas beaucoup dormi, environ huit heures en trois jours.
Etes-vous resté avec tous les joueurs ?
Les deux premiers soirs, j’étais avec ma famille et le troisième, j’ai fait la fête avec tous mes coéquipiers.
Quelles sont les chances de voir les trois frères Parker en NBA ?
50%. TJ a fait une bonne saison de Freshman à Northwestern et je pense qu’il va encore faire une grosse saison l’année prochaine et ça va l’aider. Les gens vont commencer à savoir que c’est mon frère et ils vont commencer à le suivre. Il a de très bonnes chances d’aller en NBA. Mon petit frère est en High School, ils viennent de faire le meilleur parcours de l’histoire de l’école. Ils vont continuer.
Leur conseillez-vous de suivre le cycle NCAA de quatre ans ou de partir dès la première opportunité ?
Ca dépend. S’il est assez fort pour aller en NBA, il ira. Moi, j’y suis allé en tant que Freshman.
Mais vous êtes un cas à part.
Mes frères peuvent aussi devenir des cas à part.
Vous avez parlé du match du 8 octobre à Bercy, êtes-vous impatient de rejouer devant le public parisien ?
Ca va me faire un peu bizarre. Mais je vais déjà rejouer devant les Français avec l’équipe de France. Mais revenir avec les Spurs, Champions en titre, ça sera une bonne sensation.

























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