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Sarah Giraudier
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Sarah Giraudier est apparue sur terre l’année où les Detroit Pistons, l’une de ses équipes fétiches, remportaient leur second titre NBA. C’est par hasard, un beau soir d’été, qu’elle a découvert le basket via un match opposant les Los Angeles Lakers de Magic Johnson aux Boston Celtics de Larry Bird. L’engouement a été immédiat et depuis ce jour c’est toute la presse du ballon orange ainsi que les sites spécialisés qu’elle consulte avec boulimie afin de tout connaître de ce sport. Fervente admiratrice de Magic, Kevin Garnett, Kobe Bryant ou Tayshaun Prince , elle adore par-dessus tout exercer ses talents de rédactrice dans la composition d’articles qu’elle aime rédiger avec un certain humour.

MERCI ET A BIENTOT

The end. This is the end. C’est la fin. Le rideau est tombé sur une autre saison régulière. Pour certains acteurs (les moins valeureux ?) le spectacle est désormais terminé. Ils quittent la scène, le profil bas et le cœur débordant de regrets. D’autres (les plus talentueux ?) demeurent encore dans la mire de la caméra. Pour eux, le plus dur, physiquement et psychologiquement, reste à accomplir. Jouer les prolongations afin de décrocher la récompense suprême est un combat digne de ceux menés par les gladiateurs de l’antiquité : seul le meilleur connaîtra la saveur unique des instants magiques que réserve la gloire.

Il ne faut point oublier qu’ils partirent 30 et qu’après 82 longues batailles, il ne subsiste que 16 régiments. Nous sommes loin de la magie des mots inspirés de Corneille qui offre à son Rodrigue la merveilleuse opportunité de voir ses troupes se multiplier à mesure que le combat se durcit ! Les parquets de NBA ne sont pas des salons où l’on disserte littérature ou théâtre. Non pas que les joueurs soient totalement dépourvus de connaissances mais ce n’est pas l’objet de leur présence. Ils sont payés pour leur efficacité, leur rentabilité. Pourtant, la cruelle réalité de la ligue peut parfois s’apparenter à une tragédie racinienne lorsque l’on assiste l’âme déchirée à la descente aux enfers de ceux qui, hier encore, étaient considérés tels des dieux : les héros s’avèrent lâches en abandonnant le navire en perdition, les sages ne sont plus dignes de la confiance que l’on attendait d’eux et Miami termine dernier de la ligue ! A d’autres instants, nous sommes le témoin réjoui d’une aventure merveilleuse qui octroie aux plus humbles la chance inouïe de jouer dans la cour des grands. C’est un régal égalant une comédie de Molière aussi savoureux qu’un Monsieur Jourdain qui s’extase à l’évidence qu’il parle en prose et les Hornets dominent les géants du Texas en remportant le titre de la Division Sud Ouest !

Très vite le nombre des survivants fléchira et ils ne seront plus que huit à pouvoir poursuivre leur quête de l’anneau. Plus l’enjeu deviendra sérieux, plus les prestations gagneront en intensité, en émotions. Jusqu’au bouquet final qui verra l’affrontement impitoyable des deux élites. Naguère Tolkien nous conta les aventures de Frodon Saquet et de son anneau magique à travers trois volets ; la NBA n’accorde sa bague qu’au terme d’une chasse se déroulant en 4 chapitres. Audacieuse, j’ose pronostiquer que les Finals verront les Los Angeles Lakers défier les Boston Celtics. And my winner is …. Boston Celtics.

Nous n’en sommes pas là… Que c’est beau et bon de rêver, les yeux grands ouverts, chargés d’une admiration infinie, devant un Kevin Garnett serrant bien fort dans ses bras ce trophée tellement mérité ! Sans oublier Ray Allen et Paul Pierce, ses courageux compagnons de fortune !...

Nous sommes encore loin et peut-être que nous ne parviendrons jamais à ce moment exceptionnel mais l’espoir fait vivre et je ne vais pas me priver d’une configuration idéale du tableau…

Entre-temps, d’autres récompenses auront été distribuées aux meilleurs élèves de la classe. Il y a le titre de MVP qui semble se jouer entre Kobe Bryant, Chris Paul, Kevin Garnett et LeBron James. Pour mon choix j’aurais pu écrire Oscar du Meilleur Acteur tant l’homme a été doué de talents de comédien à l’inter saison mais laissons à Jules ce qui appartient à César, il n’est que basketteur et pas acteur : Kobe Bryant. Je vote Kobe pour ses statistiques (28.3 points – 6.3 rebonds et 5.4 passes décisives en moyenne par match sur la saison), son efficacité (26.6 soit la 5° position), son altruisme nouveau délivré dans son jeu cette année, son aptitude à améliorer son équipe, ses capacités à porter et faire gagner son collectif et enfin parce qu’il est un « fashion leader » capable de représenter dignement les couleurs de la ligue. Seul point négatif à mon gré : son nombre de fautes techniques (15) et deux éjections. Toutefois, un titre de MVP ne serait qu’une juste récompense compte tenu de la qualité de l’ensemble de sa carrière et des efforts fournis pour s’appliquer à évoluer de façon moins personnelle. Cette année a été significative : Kobe a laissé ses ambitions égocentriques au garage et a posé un jeu plus valorisant pour ses coéquipiers.

En ce qui concerne le titre de Rookie de l’Année, même si un semblant de combat semble apparaître entre Kevin Durant et Al Horford, il y a fort à parier que la jeune recrue des Seattle Supersonics soit l’élu final. Avec 20.3 points, 4.4 rebonds et 2.4 passes décisives, Durant affiche un niveau quelque peu supérieur face à son concurrent direct. Logiquement la récompense ne devrait pas lui échapper.
Pour la palme décernée au Meilleur Défenseur de la saison, mes favoris sont Kevin Garnett et Marcus Camby. En dépit d’une domination exemplaire du vétéran des Nuggets aux rebonds et aux blocks, j’opte pour l’élection de KG qui, pour sa part, complète sa panoplie de défenseur avec des compétences de scoreur (18.8 points en moyenne par match)… Et le titre de Champions pour finir l’année en apothéose !
Nous voici parvenus à l’élection du Meilleur Sixième Homme. Je ne devrais sans doute pas l’avouer mais j’ai honte de délivrer mon choix. Non point que mon option soit pitoyable mais seulement qu’il est pathétique de constater que cet immense joueur soit un 6° homme : Manu Ginobili. La concurrence ? Manu Ginobili ! Et le vainqueur est : Manu Ginobili ! Dur de choisir en pareilles circonstances… Juste pour être un peu plus écoeurée, je mentionne que le Monsieur affiche 19.5 points, 4.8 rebonds et 4.5 passes décisives de moyenne par rencontre. Avec beaucoup de réussite il peut sans aucun doute escompter intégrer le roster de base à l’aube de sa retraite…

Lorsque vient l’heure d’annoncer ma préférence pour l’attribution du titre de MIP, je suis enchantée d’annoncer le nom d’Hedo Turkoglu. Le génial joueur turc vient d’achever une saison magistrale, la meilleure de sa carrière (19.5 points, 5.7 rebonds et 5 passes décisives de moyenne) - Tiens c’est quasiment les mêmes que Manu ! Bon, sauf que Stan Van Gundy semble plus reconnaissant que Gregg Popovich et qu’il a incorporé Turkoglu dans son 5 de base ! - Participant à l’intégralité des 82 matches, il s’est souvent avéré décisif que ce soit par sa totale maîtrise des nerfs dans le money time ou grâce à ses compétences de marqueur. Plus que Rashard Lewis, acquis pour la bagatelle de 118 millions de dollars, la présence de Hedo Turkoglu a été déterminante et son salaire bien plus décent (6 373 900 dollars pour 2007/2008).
Même s’il est indubitable que Doc Rivers semble avoir accompli des miracles à Boston lorsque l’on se remémore que les Celtics ont terminé à l’avant dernière place en 2006/2007, il ne faut pas perdre de vue qu’il a largement été soutenu dans ses efforts par l’énorme investissement financier consenti par les dirigeants qui ont généreusement (et indécemment ?) distribué les billets pour l’acquisition de Ray Allen et surtout celle de Kevin Garnett. La domination en perd un peu de son goût magique ! Très loin des terres du Massachussetts, une ancienne star des Lakers a poursuivi son bonhomme de chemin avec un roster sensiblement identique à celui de l’année précédente (hormis l’arrivée significative de Morris Peterson puis beaucoup plus tard celle de Bonzi Wells) : Byron Scott. A mon humble avis, Byron Scott est le symbole-même de la persévérance, du sérieux, de la volonté qui ne faiblit jamais. L’individu est réputé pour sa droiture et son opiniâtreté, il est implacable et exigeant lors des entraînements et, même s’il ne dispose pas d’un charisme à la Pat Riley, il m’est agréable de constater que c’est un grand entraîneur qui est apte à conduire un collectif vers les plus hauts sommets de la ligue. Il l’avait déjà prouvé lorsqu’il était coach des Nets, cette année il le confirme, Byron Scott est un des meilleurs à son poste.

Le dernier trophée à distribuer doit revenir au General Manager le plus émérite. Tout porte à croire que le duel final se jouera entre Danny Ainge des Celtics et Mitch Kupchak des Lakers. Je serais tentée de voter pour Danny Ainge car ses tractations ont été payantes, mais aussi grassement payées ! Le collectif bostonien qui brillait par son absence à la fin de la précédente saison et se noyait dans les profondeurs des classements achève son parcours régulier en tête de la ligue avec un pourcentage de réussite aux alentours des 80 soit un bilan de 66-16. Toutefois avec un trio présentant une facture globale dépassant les 56 millions de dollars, Danny Ainge n’avait pas droit à l’erreur et heureusement que c’est en solde (ou presque) que les autres joueurs ont été signés (on pense notamment aux minables 433 632 dollars versés au merveilleux Sam Cassell) ! A ce tarif-là je préfèrerais la place de Vladimir Radmanovic qui, avec des statistiques moins percutantes que celles du vétéran de Boston, s’empoche malgré tout la bagatelle de 5 632 200 dollars par année ! Tout un chacun songera que les sommes sont mieux réparties à Los Angeles et que, face à la blessure d’un Andrew Bynum très prometteur, Kupchak a su réagir avec pondération en réalisant l’acquisition d’un habile Pau Gasol toujours très linéaire dans ses performances. Pour cette attitude judicieuse et raisonnable, j’opterais donc pour Mitch Kupchak.

Les trophées et les éloges vont bientôt récompensés ceux qui ont accompli les meilleurs parcours cette saison. Beaucoup d’appelés et trop d’élus. En pareilles circonstances je ne peux s’empêcher de songer d’abord à ces stars qui, hier encore, m’enchantaient puis qui ont décidé de profiter d’une retraite bien méritée comme Chris Webber ou Gary Payton. Ensuite je pense à ces absences trop longues qui ont durement pesé telles celles de Gilbert Arenas, Elton Brand, Alonzo Mourning ou Jermaine O’Neal. Puis il y a les déconvenues ressenties lors de l’effondrement incroyable de certaines franchises comme le Heat de Miami ou les Chicago Bulls, la déception de ne point profiter du meilleur du talent de joueurs comme Dwyane Wade ou Ben Gordon, les désillusions ressenties face à la capitulation de certains tels Shaquille O’Neal ou Jason Kidd qui ont préféré fuir en laissant à d’autres la souffrance d’une pénible descente aux enfers. Jadis, en dépit des défaites et des déboires, les Reggie Miller, Patrick Ewing, Karl Malone ou John Stockton ne baissaient point les bras et persévéraient plutôt que d’abdiquer. Ils n’ont jamais gagné de titre mais leur honneur est sauf. La classe !...

La classe, aujourd’hui, est incarnée par des hommes tels que LeBron James, Joe Johnson, Michael Redd, Dwyane Wade, Dirk Nowitzki ou autre Andre Iguodala qui mettent leur talent au service de leurs équipes avec plus ou moins de réussite, mais avec beaucoup de loyauté, tout en acceptant les responsabilités lourdes à assumer. Le chemin sera long et usant pour tenter de vaincre l’adverse, il faut y croire dur comme fer afin que, avant tout, le spectacle soit de qualité… A vous tous, MERCI.

Posted by Sarah Giraudier on April 18, 2008, 10:00 a.m. ET

Là où tout a commencé En d’autres temps, sous d’autres cieux, je lançais des SOS pour que l’on se souvienne que Chris Webber, agent libre à la fin de la saison 2006-2007, ne soit pas oublié des rosters et notamment de celui des Pistons. En dépit, ou peut-être à cause, des critiques, des intrigues, des zones troubles qui ont parsemé la carrière de C-Webb, j’ai toujours éprouvé un petit faible pour ce joueur aux talents multiples et exceptionnels. C’est bien connu la gent féminine adore les « Bad Boys » et, de surcroît, même si elle admire les beaux mâles symboles de la race des vainqueurs, elle préfère de loin ceux qui renvoient une image plus fragile, moins parfaite. Chris Webber appartient à ce genre d’individus. Derrière le sourire glamour affiché sur papier glacé se cache une âme qui doute, qui lutte et peine à s’affirmer, à surmonter la tension des moments décisifs. Un esprit vulnérable dans un corps trop peu robuste.

Mayce Edward Christopher Webber III est né le 01 Mars 1973 à Detroit (Michigan). Dans un premier temps c’est au sein de la Detroit Country Day School qu’il brille : 3 titres de vainqueurs du Championnat des High Schools de l’Etat du Michigan, 29.4 points et 13 rebonds de moyenne par match au cours de son année de senior, élu Mr Basketball du Michigan et joueur de l’année en High School en 1990-1991.

Au terme de ses études lycéennes, il intègre pour deux ans l’Université de Michigan. Tout naturellement il rejoint l’équipe de basket coachée par Steve Fisher. Sur une liste comportant les 50 meilleurs joueurs de High School son nom est placé en 1° position. Le système NCAA valorise les entraîneurs et non les acteurs qui s’échinent sur le parquet. Toutefois, pour la première fois de son existence, un collectif d’université va inverser la vapeur : look hip-hop, reflet d’une génération et véritable porte-drapeau d’une certaine classe sociale, médiatisés à outrance sans pour autant perdre leur identité et leurs valeurs, les Wolverines révolutionnent les mentalités en bouleversant les institutions et les traditions. Le Fab Five est né !

Deux années, deux finales pour autant de défaites, un temps mort demandé à tort et 280 000 dollars perçus illégalement sous forme de prêt c’est ce que l’opinion générale retient du passage de Chris Webber à l’Université de Michigan. Malheureusement c’est oublié les 17.4 points, 10 rebonds et 2.4 passes décisives de moyenne par rencontre. C’est omettre de se souvenir de l’impact engendré par le Fab Five sur l’ensemble de la jeunesse Afro-Américaine ainsi que le fabuleux phénomène sociologique qu’il représente : chacune de leur sortie attire des milliers de fans car, au-delà de leurs capacités sportives, les 5 de Wolwerines sont fiers de leurs origines et ne trahissent jamais leurs idéaux. Victimes de propos racistes et de jalousies intempestives, ils piochent leur rage de vaincre dans ces attaques déplacées. Le meilleur moyen de remettre un ombrageux ou un médisant à sa place n’est ce point en prouvant que les éloges sont mérités. Ces comportements nouveaux pour de jeunes recrues en NCAA (les 5 sont arrivés durant l’été 1991) métamorphosent les mentalités des jeunes de leur âge. Partis sans aucun titre, ce Fab Five de Michigan a toutefois bouleversé les acquis du basket en pulvérisant, parfois avec arrogance, son protocole et quinze ans plus tard l’effet de ces 5 freshmen les plus impressionnants du cursus universitaire se perçoit encore.

A l’issue de la défaite essuyée face à North Carolina, sans doute profondément meurtri par son erreur (même si Bill Clinton en personne lui adressa un billet de soutien), convaincu qu’il serait choisi en 1° position de la draft NBA de 1993, Chris Webber abandonne ses rêves et délaisse ses coéquipiers pour se déclarer éligible. Comme prévu il est sélectionné par le Magic d’Orlando en 1° choix de ce « repêchage » mais immédiatement échangé aux Golden State Warriors contre, notamment, Anfernee Hardaway.

En dépit d’une 1° année plus que brillante (17.5 points, 9.1 rebonds, 3.6 passes décisives et 2.2 blocks de moyenne par match) et un titre de Rookie de l’Année au terme de la saison, suite à des relations fort conflictuelles avec Don Nelson (déjà coach à Golden State), Chris Webber fait jouer l’une des clauses de son contrat en stipulant qu’il ne souhaite point persévérer au sein des Warriors. En accord avec les responsables de la franchise de Oakland, il est tradé aux Washington Bullets (devenus Wizards).

Là il retrouve son ancien coéquipier et ami des Wolverines, Juwan Howard. Il demeure 4 ans dans la capitale américaine réalisant environ chaque année 20 points, 10 rebonds et 5 passes de moyenne par match.

Le 14 Mai 1998 il est contraint de refaire le chemin inverse car les Wizards ont décidé de le renvoyer en Californie en le tradant aux Sacramento Kings. D’emblée C-Webb n’a absolument pas l’intention d’intégrer une équipe à la malheureuse réputation de looser. Il faudra l’intervention de son père qui devra se déplacer en personne à Sacramento pour le convaincre.

Fort mécontent au début de son transfert, Chris Webber changera rapidement d’opinion avec l’arrivée de Vlade Divac et celle de Jason Williams. Très vite le collectif de la capitale californienne devient l’un des plus attrayants de la ligue. Dès la 1° saison Webber réalise des statistiques impressionnantes avec 20 points, 13 rebonds (meilleur rebondeur de la saison), 4.1 passes décisives et 2.1 blocks de moyenne par match. Les 2 suivantes consacrent ses qualités de scorer (24.5 points en 1999-2000 et 27.1 points en 2000-2001 de moyenne par rencontre). L’année 2001-2002 demeure sans doute la plus mémorable de sa carrière. Après une splendide saison régulière (bilan 61-21), les Kings font partie des prétendants au titre les plus sérieux et les joueurs y croient. Hélas ils échouent de peu en finale de Conférence Ouest face aux Los Angeles Lakers après, notamment, un fameux shoot meurtrier au buzzer de Robert Horry. 2002-2003 fut une nouvelle saison régulière fastueuse pour Chris Webber qui afficha 23 points, 10.5 rebonds et 5.4 assists de moyenne par match ce qui lui valu d’être cité comme un potentiel MVP. Malheureusement elle s’acheva de façon dramatique lors du 2nd match des demies finales de la Conférence Ouest contre les Dallas Mavericks : C-Webb s’effondre, micro-fracture du genou, 1 an d’interruption de carrière. Lorsqu’il revient pour les 23 derniers matches de la saison 2003-2004, Chris Webber prouve qu’il n’est toujours pas fini en alignant des statistiques plaisantes : 18.7 points, 8.7 rebonds et 4.6 passes décisives par rencontre. Les débuts de 2004-2005 sont encore plus prometteurs car il tourne à 21.3 points, 9.7 rebonds et 5.5 assists au cours des 46 matches auxquels il a participé. Malheureusement les responsables des Kings ne semblent pas convaincus et une trade vers les Philadelphia 76ers est organisée. Peu emballé lors de son transfert aux Kings, Chris Webber demeurera plus de 6 ans à Sacramento, en deviendra la star, évoluera au sein d’une équipe aussi soudée sur qu’en dehors des parquets et souffrira terriblement à quitter non seulement ses partenaires mais également une ville à laquelle il s’était merveilleusement attaché.

L’intégration parmi les 76ers est dramatique. Il peine à s’intégrer au sein d’une franchise qui pêche par son manque de collectif et, de surcroît, pour la première de sa carrière, il n’est qu’une seconde option derrière le Maître absolu des lieux : Allen Iverson. Ses résultats s’en ressentent car lors des 21 matches qu’il joua, il n’afficha que 15.6 points, 7.9 rebonds et 3.1 passes décisives de moyenne. La saison 2005-2006, bien que meilleure en chiffres (20.2 points et 9.9 rebonds) n’est pas plus heureuse pour lui et décevante pour les 76ers qui n’atteindront pas les playoffs. A maintes reprises C-Webb avouera que ces mois écoulés à Philadelphia ont été les pires de son existence et l’unique période de sa vie durant laquelle il n’a pas éprouvé de plaisir à jouer au basket.

L’orée de la saison 2006-2007 sent le souffre : il ne dispute que 21 des 35 premiers matches, le 19 Décembre AI tire sa révérence et s’exile aux Denver Nuggets, le 11 Janvier Billy King, General Manager des 76ers, annonce officiellement que Chris Webber a racheté son contrat. Désormais il est agent libre.

Le 16 Janvier 2007, retour au pays natal : Chris Webber signe avec les Detroit Pistons (son rêve depuis longtemps) pour le reste de la saison. Nouveauté, il ne porte pas son 4 fétiche au dos de son maillot car le numéro (celui de Joe Dumars, actuel GM de la franchise de Motown) a été retiré. Il opte pour le 84, expliquant son choix par un rêve fait par son neveu de 6 ans. Son arrivée au sein des Pistons coïncide avec un magnifique réveil du collectif qui stagnait de façon assez moyenne depuis quelques semaines. Même si son impact réel est relativement modéré (11.3 points, 6.7 rebonds et 3 passes décisives), les Pistons terminent 1° de la Conférence Est. Après 2 premiers tours magiques l’équipe de Detroit échoue en finale de Conférence face aux Cleveland Cavaliers par 4-2. Il est malheureusement contrariant de constater que durant ces matches décisifs, C-Webb a été quelque peu décevant en ne s’engageant pas véritablement lors des rencontres, semblant craindre de prendre des risques.

Redevenu agent libre, C-Webb a brillé par son silence et ses absences ces derniers mois. Ses détracteurs se réjouissaient comme ils ont beaucoup jubilé durant toute sa carrière pour de multiples raisons vraies ou fausses, avérées ou exagérées. S’il est indubitable qu’en 14 ans de professionnalisme, Chris Webber n’a jamais effectué une seule saison complète, il est outrancier de penser, comme les fans des Kings à une époque, que les 127 millions de dollars versés au titre d’un contrat de 7 ans signé le 27.07.2001 sont exorbitants alors que tant d’autres perçoivent autant voire même plus pour bien moins de résultats concrets. S’il est incontestable que Chris Webber manque cruellement de mental lors de certains moments cruciaux, il est indéniable d’admettre qu’il engendre un impact positif, qu’il détient des aptitudes exceptionnelles pour améliorer une équipe, qualité reconnue à son passage dans chacune des franchises dans lesquelles il a joué. Depuis ses débuts en ligue il a toujours été capable de ramener son groupe en playoffs et son départ coïncide également avec une nette baisse de la qualité de jeu et des bilans.

Les critiques peuvent le salir pour les fonds perçus lors de son passage en NCAA, pour son ridicule temps mort demandé à tort (l’erreur est humaine et Chris Webber n’est qu’un homme pas un dieu), pour ses usages naguère de marijuana (l’individu est fragile et d’autant plus attachant), pour sa réputation de « maudit » (mais n’est-ce point eux qui ont construit cette ignoble renommée ?), le blâme est aisé lorsque l’on est spectateur et non acteur. Quoiqu’il en soit, peu peuvent se glorifier d’arborer des statistiques aussi émérites : 20.9 points, 9.8 rebonds et 4.3 passes décisives de moyenne sur l’ensemble de sa carrière. S’il est indiscutable que depuis sa blessure de 2003 Chris Webber est moins rapide dans ses déplacements et moins agile dans ses sauts, sa prodigieuse vision du jeu alliée à ses fabuleuses passes en font un élément plus qu’utile au sein d’une équipe. Il est aussi irréfutable que la communication qu’il sait établir entre tous ses partenaires procure une harmonie positive lors des rencontres. Au terme il est pratiquement acquis qu’il possède le profil d’un futur Hall of Famer et cela ne sera que justice rendue à ce formidable basketteur qui, à posteriori, apparaîtra sans doute comme le plus grand passeur de l’histoire de la ligue au poste d’ailier fort.

Le temps n’épargne personne. En Juin 1993 un jeune prodige de 20 ans était le 1° choix de la draft NBA et endossait le maillot des Golden State Warriors. Ses débuts aux côtés d’un « monstre » du coaching furent houleux. Le sablier s’est écoulé. Aujourd’hui c’est retour à la case départ. Don Nelson est un vieil entraîneur et Chris Webber est un vieux joueur, ce sont les termes de Nellie lui-même. Le Maître est heureux d’accueillir son ancien élève et, pour preuve de son contentement, l’intègrera même dans son 5 de base. Le novice d’autrefois est un professionnel chevronné qui accepte toutefois avec « humilité et beaucoup de fierté », comme il l’a affirmé, son nouveau rôle. Les minutes seront sans doute comptées mais, n’en doutons pas, très riches en émotions car, contrairement à beaucoup, et c’est pour moi la plus belle des qualités d’un basketteur, C-Webb ne jouera pas pour l’argent, ni pour la gloire ou le titre, il évoluera simplement pour le plaisir de jouer. Jouer, le basket n’est-il point à la base qu’un simple jeu ? Pour tout le bonheur que je ressens lorsque je regarde et j’admire C-Webb, aujourd’hui je n’ai qu’une pensée à lui offrir : Merci Monsieur Chris Webber !

Posted by Sarah Giraudier on February 5, 2008, 5:20 p.m. ET

Bienvenue à New-Orleans Réputée pour être la ville qui organise le plus de festivals dans le monde, La Nouvelle-Orleans accueille le All Star Weekend du 15 au 17 Février 2008. Véritable show offrant divers types de spectacles, cette cérémonie est d’abord le résultat d’un vote populaire quant au choix des éléments qui composeront les deux formations représentatives des Conférences Est et Ouest. Il va de soi que la révélation des suffrages est un moment fort attendu tant pour les fans que les joueurs car l’issue révèle la côte de notoriété de chacun.

Hélas, peu de suspense en la matière. Comme attendu Kobe Bryant, Carmelo Anthony, Tim Duncan, Yao Ming et Allen Iverson sont sortis vainqueurs de la consultation pour l’Ouest avec un total de 8 353 773 votes dont 2 004 940 pour le N° 24 des Los Angeles Lakers. L’infime surprise est peut être AI dont les belles prestations au sein des Nuggets ont du à nouveau motiver son armée de supporters au détriment de ceux de Steve Nash. A l’Est aucun étonnement majeur. Kevin Garnett, LeBron James, Dwight Howard, Dwyane Wade et Jason Kidd ont gagné leur sélection via 9 429 616 plébiscites dont 2 399 148 voix pour KG qui l’emporte sur LeBron James et ses 2 108 831 scrutins.

C’est ainsi que s’est exprimée l’opinion publique. Loin de ma pensée l’idée d’invalider cette sélection car cette liste d’élus est bien attrayante. Toutefois j’aime à constater que la sympathie que développent certains joueurs ne riment pas forcément avec le talent plus discret de certains autres.

En effet s’il est notable de constater que les 3 meilleurs sujets de la Conférence Est (LeBron James, Dwight Howard et Kevin Garnett) ont logiquement recueilli le plus grand nombre de faveurs, il est également remarquable que les 3 athlètes les plus efficaces de la Conférence Ouest (Amaré Stoudemire, Carlos Boozer et Chris Paul) ont été oubliés au profit, respectivement, de Yao Ming, Carmelo Anthony et Allen Iverson.

Bien sûr après cette appréciation du peuple va suivre l’avis des professionnels. Devançant le verdict des spécialistes je ne peux m’empêcher de présenter ma configuration personnelle qui complètera la série des premiers retenus :

- Pour la Conférence Ouest j’enrichis avec Carlos Boozer et Dirk Nowitzki (ailiers forts), puis Amaré Stoudemire en tant que pivot et enfin Chris Paul et Steve Nash en qualité de meneur ou ailier shooter.
- Pour la Conférence Est je retiens les ailiers forts Caron Butler et Antawn Jamison, au poste de pivot Emeka Okafor et pour les postes de meneur/ ailier shooter Chauncey Billups et Michael Redd.

Naturellement cette sélection n’engage que moi-même et, compte tenu du niveau des joueurs à certaines places, les remplaçants de qualité se bousculent au portillon. Je pense notamment à Chris Bosh ou Paul Pierce dans la Conférence Est qui sont d’excellents ailiers mais également à Marcus Camby et Tyson Chandler (pivots), Shawn Marion et Pau Gasol (ailiers) et Baron Davis (meneur) au sein de la Conférence Ouest.

Comme chaque année l’événement s’achèvera dans l’apothéose du All Star Game et la désignation du MVP de cette rencontre. Longtemps après les festivités demeurera sur les cartes de visite de chacun l’empreinte de son passage lors de cet évènement. C’est dire l’importance accordée dans le fait d’être élu par le public ou retenu par les professionnels.

Cette année la fête se déroulera dans une des villes les plus pauvres des Etats Unis, dans une région très meurtrie suite au passage de Katrina. Les conditions d’existence à La Nouvelle Orleans sont fort difficiles, notamment à cause du déclin de l’économie et de l’insécurité, ce qui tranche avec le luxe tapageur et l’ambiance artificielle d’une agglomération comme Las Vegas où s’est organisé le All Star Weekend 2007. Quoiqu’il en soit, au vu des talents déjà désignés, il ne fait pas l’ombre d’un doute, qu’une nouvelle fois, les passionnés de basket en prendront plein les yeux. Au final je verserai tout de même une larme car, pour cette édition, et ce pour seulement la seconde fois en 15 ans de carrière, manquera un adorable colosse du nom de Shaquille O’Neal. La fin d’une époque ?... Ainsi va la vie… Le spectacle continue !

Posted by Sarah Giraudier on January 28, 2008, 9:20 a.m. ET

Chronique d’un déclin annoncé

Hier encore tout allait bien. Le titre décroché au terme de la saison 2005-2006 émet encore des échos de bonheur dans le cœur des vainqueurs quand, en l’espace de quelques mois, tous les espoirs se sont évanouis. Mais que s’est-il passé au sein du Heat de Miami pour que la fierté méritée en Juin 2006 se métamorphose en une honte effroyable aujourd’hui ? En empruntant la machine à remonter le temps s’inscrit hélas sous nos yeux cette chronique d’un déclin annoncé.

Le Heat fait partie des jeunes franchises de la NBA. En effet elle ne réalise sa première saison qu’en 1988-1989 grâce à une introduction due au programme d’expansion de la ligue. Les premières années sont catastrophiques. Seule l’arrivée de Pat Riley, en provenance des New York Knicks, durant l’intersaison 1995, inverse la tendance. Auréolé d’un prestigieux parcours effectué à la tête du staff des Los Angeles Lakers dans les années 80, Pat Riley reconstruit un collectif basé autour d’un pivot solide, Alonzo Mourning, comme aux Lakers avec Kareem Abdul Jabbar et aux Knicks avec Patrick Ewing. Pour seconder Zo, il acquiert également un meneur de grande qualité en la personne de Tim Hardaway, élément réputé pour son crossover diabolique. L’alchimie entre les 2 joueurs est excellente mais avec les blessures de Mourning puis sa grave maladie aux reins ainsi que l’âge avancé d’Hardaway, les déconvenues sont plus souvent au rendez-vous que les satisfactions.

Il faut attendre la draft de 2003 et l’arrivée de Dwyane Wade pour vraiment apercevoir un petit bout de ciel bleu à l’horizon du Heat. Toutefois c’est à l’intersaison 2004 que Stan Van Gundy, remplaçant de Pat Riley depuis une année, effectue la trade miracle en échangeant Lamar Odom, Caron Butler et Brian Grant contre Shaquille O’Neal.

La saison 2004-2005 est la meilleure du Heat à ce jour. L’éclosion de Wade alliée à la puissance et l’expérience de Shaq engendre une année exceptionnelle qui s’achève sur un bilan de 59-23 soit 72% de victoires et la 1° place de la Conférence Est. Quand bien même le collectif échoue en finale de conférence face aux Detroit Pistons, il est indéniable que la franchise de Floride est en marche vers le succès.

En 2005-2006, en dépit de l’acquisition de joueurs expérimentés tels que Jason Williams, Antoine Walker et surtout le vétéran Gary Payton, le début de saison est laborieux. Officiellement, Stan Van Gundy se retire pour raisons personnelles et laisse la porte ouverte à Pat Riley qui reprend finalement son poste d’entraîneur. Le retour du maître coïncide merveilleusement avec une période d’embellie qui voit l’équipe aligner 3 mois de succès impressionnants. Certes sur la fin le collectif s’essouffle quelque peu (4-6 sur les 10 dernières rencontres) mais parvient tout de même à conclure la saison en 2nde position avec un bilan de 52-30 révélant un taux de succès de 63.4 soit presque 9% de moins que l’année précédente. D’ores et déjà il est notable de constater qu’une pente descendante est abordée. Quoiqu’il en soit les playoffs révèlent un joueur extraordinaire, Dwyane Wade. Après avoir éliminé les Pistons par 4-2, le Heat atteint les finales NBA face aux Dallas Mavericks qui, de surcroît, bénéficient de l’avantage du terrain. Lors des 2 premières rencontres Shaq et ses coéquipiers sont malmenés et se retrouvent face à un sévère 2-0 délicat à inverser.

Heureusement, de retour à domicile, porté par un Dwyane Wade visité par les dieux (34.7 points de moyenne par match lors de cet ultime tour), le Heat retrouve des forces et sa rage de vaincre. Les 3 rencontres indispensables à gagner sont sauvées avant l’affrontement décisif en terre texane. Une seule partie suffira pour que les Mavs soient définitivement mis en échec. A la surprise générale le Heat triomphe par 4-2, acquiert son premier titre et Dwyane Wade est logiquement élu MVP des finales.

L’intersaison est un fabuleux moment d’allégresse. Les champions font la une de tous les journaux et magazines, sont accueillis comme des stars, honorés telles des personnalités de la plus haute importance sociale.

Au démarrage de la saison 2006-2007 le retour à la réalité s’avère somme toute difficile. Gagner un titre c’est bien mais, comme l’affirme Zo, confirmer c’est mieux. Hélas, à cause, notamment, de l’absence de Shaquille O’Neal, les premiers mois de la saison régulière sont difficiles. Le All Star Weekend semble rebooster l’effectif grâce aux 2 trophées rapportés par Jason Kapono et Dwyane Wade. Malheureusement, le 21.02.2007, lors d’une rencontre face aux Houston Rockets, Wade se blesse à l’épaule. En dépit de cette absence le Heat parvient à se maintenir et conquérir sa place pour des playoffs dont il est sweepé par les Bulls dès le 1° tour.

La saison 2006-2007 s’était achevée sur un bilan moyen de 44-38 soit un pourcentage de victoires avoisinant les 53.7 et une 4° place, ce qui n’est guère reluisant en comparaison des 81.7% des Dallas Mavericks mais acceptable compte tenu du niveau de la Conférence Est où même le 1° (les Detroit Pistons) n’affiche qu’un 64.6% de réussite. Le « balayage » des playoffs était inévitable compte tenu de la petite forme de Wade, à peine remis de ses dommages à l’épaule. Toutefois il était difficilement envisageable d’imaginer un état aussi catastrophique que celui de la franchise de Miami aujourd’hui.

Comment une équipe qui détient le 5° meilleur marqueur de la ligue peut-elle accumuler 14 défaites consécutives, afficher un bilan effroyable de 8-32 soit un pourcentage pitoyable de 20% de victoires ? La réponse est élémentaire : même si au cours des 16 matches du mois de Décembre 2007, Dwyane Wade a scoré 434 points soit une moyenne de 27.13 par rencontre, pris 71 rebonds soit 4.4 par partie et réalisé 124 passes décisives (7.8 assists de moyenne) et témoigné d’une efficacité de 21.91, il est pratiquement seul à détenir les aptitudes dignes d’une sélection de haut niveau. En effet, lorsque l’on étudie le roster du Heat dans le détail, il est notable de constater que sur 15 membres de l’effectif total, 9 galèrent avec une efficacité inférieure à 8 et 2 joueurs tournent aux alentours des 10. Il demeure seulement 4 malheureux basketteurs avec des compétences raisonnables : Dwyane Wade en est l’élite, derrière se trouvent Udonis Haslem (16.92 d’efficacité), Shaquille O’Neal et ses 15.84 puis Ricky Davis avec 12.62. Le souci majeur qui se dégage ensuite est que le Shaq avance en âge (36 ans le 06 Mars) et qu’il pointe fréquemment à l’infirmerie (il est actuellement absent pour une inflammation des muscles de la jambe gauche). Résultat des courses : Wade se démène, assez bien soutenu par Udonis Haslem, partiellement aidé par Ricky Davis et totalement coulé par le désert…

Les 3 dernières saisons, malgré le titre remporté en 2006, ont révélé un Heat en constante dégradation. L’inévitable s’affirme aujourd’hui. La combinaison chère à Pat Riley (un pivot solide aidé d’un meneur efficace comme, par exemple, le duo Kareem Abdul Jabbar – Magic Johnson) n’existe pas à Miami. Ce qui est incompréhensible c’est que rien n’ait été entrepris à l’intersaison pour parer à cette carence. Pat Riley devait bien se douter que le Shaq vieillissant et trop souvent absent ne serait plus que l’ombre de lui-même, que le rôle de meneur plus que fréquemment assumé par Wade nécessitait l’apport d’un joueur réellement voué à ce poste tel que Chauncey Billups, Mike Bibby ou Mo Williams qui étaient agents libres cet été. En tout état de cause la lutte pour obtenir l’un de ses éléments aurait été acharnée voire impitoyable et le coût à payer certes très élevé mais les résultats garantis en valaient la peine.

A l’heure actuelle, Pat Riley se débat avec un collectif ou trop vieux (infructueux) ou trop jeune (inexpérimenté), multiplie les combinaisons inefficaces et collectionne les défaites. Malheureusement, hormis un transfert miraculeux avant la fin Février, il y a fort à parier que la saison en cours est cuite ! Quelque part cela me fait penser aux Boston Celtics l’année dernière dont le bilan final était de 24-58. Présentement la franchise du Massachussetts caracole en tête de la Conférence Est avec un joli 33-7 soit 82.5% de victoires. Pour parvenir à cette métamorphose Danny Ainge a compris qu’il fallait délivrer les billets car, en ce bas monde, les compétences sportives sont des acquisitions qui se révèlent bien plus favorablement quand on accepte d’y mettre le prix. Espérons que l’expérience des Celtics serve de leçon aux responsables du Heat à l’intersaison… Dans le cas contraire, il est indubitable que ce sera le feu des enfers qui règnera à Miami !

Posted by Sarah Giraudier on January 25, 2008, 12:20 p.m. ET

POUR UNE BONNE NOUVELLE

Je ne sais si vous êtes comme moi mais, tous les matins, histoire de démarrer la journée du bon pied, il me faut ma dose de bonnes nouvelles. Partant de ce principe, j’évite à tout prix de monter sur la balance car sinon c’est le moral dans les chaussures jusqu’aux dernières lueurs du jour ; je maudis les 50 g de chocolat absorbé avec un plaisir absolu mais qui demeureront scotchés sur mes hanches pendant des semaines et m’empêcheront, naturellement, de m’acheter le énième bikini dont je n’ai pas besoin pour la plage que je ne fréquente d’ailleurs pas puisque, comme tous les ans, je préfère le tourisme vert en Ardèche à l’étalage façon « boîte de sardines » sur les étendues de sable pollué. Autre interdit formel, je zappe les informations, synonymes de suicide instantané ; je tiens trop à la vie pour prendre le moindre risque d’être incitée à envaler n’importe quel poison se trouvant à ma portée et susceptible de m’échapper de ce réel enfer qu’est trop souvent notre société actuelle. Ultime consigne que je m’applique de suivre scrupuleusement : n’entamer aucune discussion tortueuse avec mon petit ami car le moindre faux pas verbal de ma part risque d’enclencher une scène de ménage tellement mémorable qu’elle pourra s’inscrire dans les annales (en fait il suffit avant tout de louer les qualités exceptionnelles de sa mère et ensuite je peux lui annoncer ma dernière note exorbitante laissée au rayon prêt à porter, cela passe comme une lettre à la poste, il n’a même pas le temps de réagir car il est intimement convaincu que je suis la perle qui adorera enfin sa chère maman). Bon, jusque-là j’ai énoncé ce que je devais éviter de faire pour ne point être de méchante humeur pendant d’interminables heures mais je n’ai pas divulgué ce qui serait apte à me transporter sur un petit nuage. Longtemps j’ai erré à la recherche de la formule magique. Aujourd’hui je détiens sans doute le remède miracle : mes résultats de matches NBA.

Cette opération se déroule en plusieurs étapes. La veille je m’organise des paris personnels puis le lendemain je compare mes pronostics avec les scores finaux des rencontres de la nuit. Globalement, je tiens la route. Toutefois, en début de saison, je dois avouer que, suite à l’issue de la période passée, j’ai été un peu déroutée par les prodiges effectués par certaines franchises. Ma plus grande surprise réside à Portland. Lorsque l’on constate qu’au terme de la saison 2006-2007, les Trail Blazers ont terminé 12° de la Conférence Ouest soit 25° sur 30 équipes engagées au sein de la ligue, avec un sinistre solde de 32-50, il est difficile d’imaginer, aujourd’hui, ce collectif à la 4° place de sa conférence avec un bilan de 22-13 dont 9 victoires sur les 10 dernières rencontres. Bien hardi celui qui aurait pu supputer une telle réussite pour les joueurs de Nate McMillan. Après avoir raflé le 1° choix à la draft de Juin et essuyé dans la foulée la déception que ce même Greg Oden, porteur de tant d’espoirs, serait absent l’intégralité de son année de rookie, les Blazers ne détenaient guère plus de perspectives qu’en fin de saison régulière. C’était sans compter sans l’extraordinaire potentiel d’un Brandon Roy fraîchement élu Rookie de l’année. Bien que très jeune (il n’aura que 24 ans le 23 Juillet), actuellement sophomore, il est clair qu’il a su s’imposer comme leader de ce roster guère plus âgé que lui (la moyenne d’âge du 5 de base est de 24.6 ans) et, régulièrement, se montrer déterminant dans la victoire. En statistiques, Brandon Roy c’est approximativement 20 points, 5 rebonds et 5 passes décisives par match ; autant dire que ce gars est une petite mine d’or à lui seul lorsque l’on est conscient qu’il n’entame que sa seconde saison en NBA ! Il est clair que, jusqu’à présent, l’absence de Greg Oden ne semble guère peser dans la balance de Portland ; avec un Brandon Roy en grande forme dans ses rangs, Paul Allen peut espérer engranger encore quelques millions de dollars comme à la belle époque de Microsoft et envisager la vie en rose ! Pour ma part, admirer les sublimes aptitudes de Brandon Roy suffira à me satisfaire surtout si cela permet à la franchise de l’Oregon de retrouver l’éclat des ères Bill Walton et Clyde Drexler.

Constater que les Portland Trail Blazers résistent bien à l’assaut des grosses formations armées à coup de millions de dollars me réjouit déjà intensément mais observer l’avancée héroïque réalisée par mon chouchou de la ligue me fait bien évidemment jubiler ! Lorsque j’ose affirmer ma préférence sentimentale pour un club c’est que la réalité s’y prête. Comment ne pas vouloir le meilleur pour une équipe lorsque l’on sait, qu’aujourd’hui encore, sa réussite demeure l’un des rares bonheurs d’une région tristement atteinte par les pires aléas de l’existence ? Comment ne pas inévitablement songer au Petit Poucet lorsque l’on parle des New Orleans Hornets perdus au milieu des bulldozers que sont les San Antonio Spurs, Dallas Mavericks et, ordinairement, les Houston Rockets ? Autant dire qu’à côté de ces chars d’assaut, les preux chevaliers de Louisiane ont intérêt à être bardés de courage et ce jusqu’aux dents ! Byron Scott semble avoir découvert une parade efficace : pour vaincre les méchants ogres des parquets, rien de tel que d’envoyer un petit homme malin et habile, apte à se faufiler sans peine au milieu des géants et atteindre le panier sans trop de difficultés. Dans le rôle des vilains, toute l’Armada de titans dépassant les 2 mètres et dans celui du héros sans peur et sans reproche, Chris Paul, 24 ans en Mai et 1m83 sous la toise (autant dire un nain en NBA !). Tout le monde glousse sous le manteau ! Rira bien qui rira le dernier car c’est oublier les prodiges d’un Tim Hardaway en son temps et qui plafonnait pourtant à la même taille… Si CP3 parvient à maintenir ses statistiques voire de les améliorer (21.9 points – 10.2 passes décisives et 3.8 rebonds), même John Stockton et Magic Johnson risquent de faire figure d’amateurs. Autre atout intéressant de ce sympathique collectif, la régularité des bonnes prestations offertes par David West (19.4 points et 9.4 rebonds de moyenne par match) et les qualités défensives de Tyson Chandler (moins brillant qu’un Dwight Howard mais tout de même 5° meilleur rebondeur de la ligue). Le tout étant saupoudré de quelques éclats ponctuels bienvenus de la part de Peja Stojakovic, j’espère de tout cœur que ce groupe saura rivaliser toute la saison avec un égal talent. Autre étonnement agréable en l’état actuel de la compétition : la jolie 8° place en Conférence Est des Atlanta Hawks. Ayant achevé leur dernière saison à la 13° place de la Conférence Est soit en 27° position au sein de la ligue avec une situation finale des plus critiques (30-52), les Aigles de Georgie affichent présentement un équilibre correct (16-16) tendant vers une légère amélioration suite à leurs 6 victoires obtenues en 10 matches. Nantis d’un beau jeu collectif dans lequel dominent Joe Johnson (21.5 points en moyenne) et Josh Smith (17.9 points et 7.8 rebonds) ainsi que Marvin Williams (16.5 points et 5.7 rebonds), les Hawks peuvent désormais compter sur les aptitudes indubitables de leur rookie Al Horford (8.9 points et 9.5 rebonds). Le 5 de base étant franchement jeune (3 joueurs ont 22 ans), l’avenir devrait pouvoir confirmer la valeur de cette franchise.

Rien qu’en admirant l’agréable situation de ces 3 plaisantes équipes, je suis déjà heureuse lorsqu’en débutant ma journée je constate leur réussite respective. Toutefois, la plus exquise des surprises me vient de Californie. Depuis toujours je suis une fan inconditionnelle des Lakers, ceux de Magic et Kareem naguère, puis ceux de Kobe avec le Shaq et enfin, désormais, de Kobe seul. L’intersaison a été houleuse à Los Angeles. Le numéro 24 le plus célèbre de la NBA a joué les stars capricieuses, déclarant à qui veut l’entendre qu’il partait puis restait pour s’expatrier à nouveau et finalement demeurer. Le scénario s’est étalé durant des semaines dans toutes les colonnes spécialisées. La majeure partie des supporters comprenaient aisément la colère du franchise player des Lakers. Il devenait insupportable pour lui de devoir jouer l’équivalent d’un cinq de base complet à lui tout seul. Car il faut être honnête et reconnaître que maintes des rencontres de l’année écoulée auraient pu s’intituler Kobe Bryant vs X tant le désert l’entourait la majeure partie du temps.

Lorsque la saison a redémarré je craignais le pire. Longtemps j’ai cru que nous assisterions à la naissance d’un volcan en Californie tant la colère de la star serait monstrueuse. Il était certain que Kobe n’entamerait pas une 4° saison secondé par une troupe d’incapables et d’irresponsables. Certes Derek Fisher était de retour au pays mais, à 33 ans, il n’était guère raisonnable d’escompter des miracles de sa part. Si miracle il devait se produire d’où pourrait-il surgir dans la mesure où l’effectif était quasiment le même que durant la saison 2006-2007 ?

Rien n’a vraiment changé. Phil Jackson vieillit un peu, somme toute affaibli par ses opérations à répétition, mais globalement il demeure égal à lui-même : le Maître Zen des parquets qui, mine de rien, affiche la bagatelle de 9 titres au compteur et, fort tant de son statut au sein de la franchise (gendre du propriétaire) que de son extraordinaire parcours, ne se laisse guère impressionner ni par les ragots de la presse ni par les délires de sa star.

Non rien n’a vraiment changé mais tout est différent. Le jeu des Lakers, uniquement centré hier encore sur les exceptionnelles aptitudes de Kobe Bryant, est enfin devenu collectif. D’emblée j’ai senti une réelle osmose entre les joueurs que j’ai envie d’attribuer à l’effet Derek Fisher, réputé pour son extrême gentillesse. Par ailleurs il est à noter que l’ancien d’Utah Jazz apporte une contribution non négligeable en réalisant l’une des meilleures saisons de sa carrière grâce notamment à une belle précision aux tirs (49.3% à 2 points et 43.8% à 3 points). D’autre part l’altruisme de Kobe Bryant, qui joue moins de temps mais tout aussi efficacement, permet à ses partenaires de mieux s’exprimer. Toutefois, l’évolution notable se situe au niveau d’Andrew Bynum. Le protégé de Kareem Abdul Jabbar, seulement âgé de 20 ans depuis le 27.10.2007, a grandi. Entamant sa 3° année en NBA, libérant enfin tous les bénéfices de l’enseignement dispensé par le légendaire pivot, Bynum réalise d’ores et déjà le double-doubles en moyenne par match (12.9 points pour 10 rebonds), affichant une efficacité de 21.33 et surtout se positionne en 2nde place derrière Andris Biedrins par sa rigueur dans les shoots (62.8% de succès). Il va sans dire qu’Andrew Bynum est le symbole même d’un bel avenir pour les Lakers qui devraient signer une extension de 5 ans à son contrat dès cet été pour un montant de 75 millions de dollars. Comme le précise avec ironie Phil Jackson le vert des billets motive énormément les joueurs, Andrew Bynum n’échappe à priori pas à cette tradition !

Des points, des rebonds et des passes décisives à gogo. Des équipes au bord du gouffre qui retroussent les manches, intensifient les entraînements, multiplient les « suicides » et les lancers, se serrent les coudes et relèvent la tête. Des « petits » qui n’ont pas peur de se frotter aux « grands » et parviennent à les faire plier. Voilà, il ne m’en faut pas plus pour être de bonne humeur tout au long de ma banale journée ! Des champs et des bois m’entourent. Je vis loin des bruits incongrus délivrés par la masse agitée car seul le chant des oiseaux berce mes heures. Néanmoins, enfouie au fond de ma mémoire, c’est une multitude de matches qui fait vibrer mon âme et me rappelle sans cesse que de l’autre côté de l’océan existent des hommes qui par leur talent fournissent un réel sens à ma passion. Et là, pour une nouvelle, c’est une bonne nouvelle !

Posted by Sarah Giraudier on January 11, 2008, 10:20 a.m. ET

JOYEUX NOEL

A chaque fois c’est la même chose. Cela fait plus de dix ans, qu’en début de nouvelle année, je prends la ferme résolution de changer mais, dès qu’approche le mois de Novembre, je rechute. J’ai honte de moi, je n’ose parler à personne de ce péché devenu désormais incurable ; je souffre en mon for intérieur de cette dépendance, j’aimerais pouvoir me soigner, décrocher définitivement mais je n’y parviens pas. Régulièrement je songe à consulter un psy, peut-être entreprendre une thérapie de groupe… Parvenu à ce stade de ma confession je vous devine suspicieux : le visage blafard, la mine interrogative, les yeux immensément ouverts, la bouche béante, vous attendez avec impatience des aveux forcément chargés d’horreur voire de vice. Immanquablement vous vous demandez quel genre d’individu je peux bien être pour, à mon âge, traîner déjà des addictions. Vous vous imaginez le pire, le plus vile. Aussi j’ai d’autant plus peur de vous effrayer en avouant mes faiblesses. Hélas, j’ai commencé à me livrer alors il faut bien que je sois totalement franche avec vous si je souhaite que vous continuiez à me faire confiance. Bon, je me lance ! En dépit de mes 18 ans, je… Oui, oui, j’ai… J’ai 18 ans, moins quelques semaines… C’est un détail insignifiant en soi… Je suis en pleine forme physique, pas de problèmes de santé particulier, toutes mes dents, pas de jambe de bois ni de prothèse en silicone… Non, non, tout va vraiment pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles… Mentalement c’est correct, quelques neurones un peu paresseux, mais globalement je me situe dans la moyenne admissible… Intellectuellement je suis assez curieuse donc pas de carences très graves… Non, non, je vous rassure d’entrée, je suis rangée dans la classe des êtres appelés « normaux »… J’en étais où déjà ?... Ah oui, ma douce folie à vous révéler… C’est, comme qui dirait, un attrait singulier, une nostalgie persistante… Je… Je crois encore au Père Noël ! Ca y est j’ai lâché le morceau ! Ouf ! Si, si, vous avez bien compris : je crois encore que le gros monsieur avec une grande barbe blanche, un bel habit rouge, se déplaçant en traîneau tiré par des rennes et déposant les cadeaux dans des milliers de foyers existe bel et bien ! Je crois au Père Noël, je crois et je persiste à vouloir croire en la magie de Noël. Je me sens transportée au paradis dès que les rues, les boutiques et les maisons sont parées de guirlandes clignotantes, de décors féériques, de mille couleurs scintillantes, de beaux sapins ornés de boules magiques, de sujets tous plus merveilleux les uns que les autres. J’aime traverser cette période semblable à nulle autre, laissant espérer à tout un chacun que tous les miracles sont possibles. J’aime supposer que c’est une époque formidable qui métamorphosera les plus terribles en de doux agneaux, fera cesser les conflits inutiles, effacera les misères et les fléaux. La magie de Noël : faire la paix avec soi-même afin d’envisager l’amitié et l’amour avec autrui, souhaiter le meilleur, même à son pire ennemi, prier pour que l’extraordinaire, le fabuleux, l’inespéré se produise là où plus aucune chance ne subsistait.

C’est avec cet esprit que je souhaiterais adresser un Joyeux Noël à certaines âmes perdues, à mes yeux, de la NBA. En premier lieu, Joyeux Noël, Monsieur Isiah Thomas ! Entre les calomnies, les accusations, les procès, les disputes, les critiques et les huées, les dernières semaines ont été tellement pénibles que l’avenir ne s’annonce pas particulièrement souriant. Un conseil afin d’affronter les mois à venir avec un minimum de dégâts : le Père Noël a intérêt à déposer un parachute, une bouée voire un gilet pare-balles et beaucoup de Prozac sous son sapin. Installé sur un siège éjectable depuis des mois suite aux sommes colossales qu’il a investies dans des joueurs incapables de mener la franchise à un niveau acceptable, des fortunes indécentes qui ont fait exploser le salary cap des Knicks sans pour autant apporter la moindre étincelle d’espoir, il est, malheureusement, descendu en flèche pour ses inaptitudes à gérer un collectif, désavoué dans ses capacités de leader et n’a jamais été aussi proche de la porte de sortie. Le pire est-il à craindre pour cet ancien merveilleux meneur des Pistons ? Personnellement je ne le crois pas car le plus terrible est passé ; l’issue, sans doute inévitable, ne sera qu’un soulagement. Alors, du fond du cœur, Joyeux Noël Monsieur Thomas ! Mais n’oubliez pas de rebondir car cela fera taire pas mal de mauvaises langues !

Actuellement, lorsque je songe à Isiah Thomas, un second nom se présente instantanément à mon esprit : celui de Pat Riley. Si la polémique est moins dense autour du coach du Heat, sa situation n’en est pas pour autant plus confortable. Il y a 18 mois son collectif remportait le titre de Champion de NBA. Aujourd’hui sensiblement la même équipe est dernière de la Conférence Est. Avec un bilan catastrophique de 8-19 soit un pourcentage de réussite de 29.6, la franchise de Miami se noie dans les profondeurs des tableaux. L’avenir est sombre, très sombre, car aucune perspective ne semble se révéler. Pour la première fois de sa carrière Pat Riley paraît en manque de solutions. Longtemps beaucoup ont voulu croire que seule l’absence de Dwyane Wade était responsable de la chute des résultats. Toutefois il est évident désormais que même le sublime talent de Flash ne peut pas réaliser des miracles. Le plus catastrophique est de constater que l’ensemble n’est point complètement nul puisque les matches ne se perdent que de quelques points insignifiants. Aussi, parce que j’adore Pat Riley depuis des années, je demande au Père Noël, s’il accepte de m’entendre, de bien vouloir déposer sous son sapin une formule magique permettant de sauver le Heat. S’il vous plait Père Noël, un petit effort pour un vieil entraîneur valeureux qui use les parquets de NBA depuis des décennies mais qui, présentement, est plus à l’aise dans ses pauvres costumes Armani que face aux compteurs de fin de rencontre ! Joyeux Noël Monsieur Riley !

Au rayon des condamnés, Minnesota est en passe, cette saison, de décrocher d’ores et déjà le titre. Après avoir vendu son âme au diable vert de Boston, Kevin McHale ne pouvait espérer mieux que l’enfer cette année pour sa franchise. Même Juwan Howard, dont la carrière n’est pourtant pas le reflet exact d’un parcours éclatant, a plié bagages et filé à Dallas avant même que ne débute la saison ! A l’époque de KG, la franchise de Minneapolis n’était guère très brillante mais, à pareille époque, n’a jamais affiché un bilan de 4-22 soit un ridicule pourcentage de réussite de 15.4. Désormais il est clair que seuls les fous ou les plus kamikazes accepteront d’évoluer au sein d’une telle équipe ! Peut-être aussi de valeureux combattants qui, au contraire de Juwan Howard, n’ont point lâchement abandonné le bateau sans se battre. Pour ces joueurs téméraires et loyaux, je demande au Père Noël d’éviter d’installer trop de cercueils sous le sapin des Minnesota car les preux chevaliers se battront jusqu’au bout et il serait injurieux de les enterrer avant la fin du 82° match. Joyeux Noël les Wolves !

Au cours du All-Star Week End de Février 2007, Michael Jordan affirmait d’un ton ferme et décidé que des changements interviendraient au sein de la franchise des Bobcats afin que la saison 2007-2008 soit porteuse de résultats enfin positifs qui placeraient sa franchise parmi les meilleures. Effectivement, durant l’intersaison, Jordan a placé à divers postes plusieurs de ses « relations », Jason Richardson est arrivé, très désenchanté, mais actuellement, Charlotte est 12° sur 15 dans la Conférence Est ! Ouah ! On joue à qui perd gagne cette année ? Bilan à aujourd’hui : 10-15 soit 40 % de réussite dont seulement 4 victoires sur les 10 derniers matches disputés ! Déjà fatigués à Charlotte ? Malaise, déficience physique, manque de motivation ? Pas de problèmes : His Airness en personne partage l’entraînement de ses troupes afin de restimuler les volontés. La rencontre suivante, les Bobcats parviennent à battre les Utah Jazz par 98 à 92. Sa Majesté fait toujours des miracles ! Aussi, Petit Papa Noël, je vous demande de déposer 14 miniatures de Michael Jordan, avec des consignes enregistrées, sous le sapin de chacun des 14 joueurs de la franchise de Charlotte et autant pour les 10 membres du staff. Naturellement je compte sur votre expérience afin que les sosies soient très ressemblants, d’une qualité supérieure faite pour durer (comme l’original) ! Joyeux Noël les Cats !

Au fur et à mesure que les lignes s’inscrivent, j’ai l’impression de replonger dans mon enfance quand, encore tôt dans la saison, je rédigeais ma lettre au Père Noël : je me concentrais bien afin d’inscrire exactement ce que je désirais en songes, je m’appliquais à décrire la liste complète de mes souhaits, je réfléchissais longuement pour ne rien omettre, je demeurais installée pendant des heures face à ma feuille, les vœux s’inscrivaient les uns après les autres pour atteindre un nombre inimaginable mais, au final, songeant aux plus malheureux, je chiffonnais mon papier et l’envoyais à la poubelle. Décemment je ne pouvais point exiger tant de superflus alors que trop manquaient du minimum vital. Très tôt j’ai réalisé que le concept du Père Noël était une « escroquerie », uniquement une démarche commerciale instaurée pour enrichir des hommes d’affaires avisés qui profitent du détournement d’une fête religieuse pour se remplir les poches. Les mieux nantis d’entre nous sont comblés parfois jusqu’à l’overdose tandis que les oubliés du partage n’ont que l’opportunité d’apercevoir les étoiles. Cette « trahison » obsède encore mon esprit et, en quelque sorte, me fait penser à Kevin Durant. Choisi en 2nde position lors de la dernière draft NBA par les Seattle Supersonics, sa position pouvait lui laisser croire en des merveilles quant à son avenir. Hélas, les départs de Ray Allen puis de Rashard Lewis ont parachuté ses aspirations du paradis vers les enfers. Aussi, en dépit de ses 20 points et 5 rebonds de moyenne, le rookie débute sa carrière dans une franchise qui s’enterre à la 27° place de la ligue avec un bilan déplorable de 8-19 soit un pourcentage de réussite de seulement 29.6. Au terme de la saison en cours, Kevin Durant sera certainement élu Rookie de l’Année mais, quoi qu’il en soit, pour unique cadeau il n’aura gagné que le droit de se battre pendant encore au moins 3 saisons au sein d’un collectif en construction et ce sans trop plus d’espoir que celui de la survie. Les parcours en NBA sont semblables aux voyages en train, aux chemins de l’existence dans son essence originelle, on y rencontre des chanceux qui, d’emblée, sont installés en 1° classe et pour lesquels le trajet est parsemé de gloire et de réussite puis, pour beaucoup trop, il ne reste que les wagons de 2nde voire les fourgons à bestiaux et dont les années ne seront synonymes que de combats épuisants n’offrant pour le mieux que l’autorisation d’admirer de loin les lauriers gagnés par les plus privilégiés.

L’esprit de Noël nous invite, avant tout, à dépasser nos égoïsmes, à oublier nos états d’âme indécents compte tenu des souffrances et des misères que subissent beaucoup trop de nos congénères. Aussi, lorsque nos destinées nous offrent l’opportunité de nous noyer dans des fêtes luxuriantes, au milieu d’un foyer aimant, autour d’une table débordant de mets raffinés, n’oublions pas que, comme en NBA, si les Boston Celtics se permettent de dépenser plus de 60 millions de dollars pour bénéficier des services d’un trio certes magique, il existe très près de chez nous des milliers d’individus qui ont voulu croire en leurs langes innocents que la vie serait cadeau, mais qui n’ont désormais comme perspective que la lutte féroce pour leur survie et ce en un milieu hostile qui, insidieusement, de jour en jour, les projette encore plus bas que la tombe qui les attend. Pour tous ces condamnés de la société, Joyeux Noël ! Du fond du cœur, Joyeux Noël !

Posted by Sarah Giraudier on January 2, 2008, 11:20 a.m. ET

ET BONNE ANNEE

Le compte à rebours est enclenché. Dans moins d’une semaine, la litanie des bons vœux va débuter. Non que je n’apprécie point adresser de gentils souhaits aux êtres qui me sont chers, non que je refuse respecter cette coutume altruiste, mais soyons raisonnables, dans certaines circonstances, même très sincères, les vœux offerts en début d’année apparaissent quelque peu déplacés, comme hors contexte.

Honnêtement, comment peut-on imaginer adresser ses meilleures prières à un malade en phase terminale d’un cancer ou à un père de famille nombreuse se retrouvant au chômage dans une région économiquement sinistrée ou bien encore à un petit gamin africain qui, martyr de la barbarie des adultes, se meure dans d’atroces souffrances ? Les exemples argumentant ma pensée font légion : je songe aux prisonniers arbitrairement torturés pour avoir défendu leurs opinions politiques ou religieuses, aux sinistrés victimes des colères de la nature, aux soldats amputés dans leur chair suite à leur engagement lors d’un conflit qui les dépassait, aux enfants battus et abusés, terrés dans l’horreur de leur cauchemar, aux vieillards oubliés de tous qui s’éteignent à petit feu, dans une solitude totale, aux déracinés sans papiers qui errent sans points de repère dans un monde inconnu et hostile… Je pourrais poursuivre mais trop d’âmes se bousculent aux portillons. Pour ces perdus, ces abandonnés, même l’humour le plus sombre ne pourrait soulager la vision qu’ils détiennent tant de leur présent que de leur avenir. « Tiens bon ! Tu traverses le pire, le meilleur est pour demain ! » Balivernes !

Balancé au milieu de cette tragique réalité, l’homme, comme disait Albert Camus, a le choix d’être un optimiste qui pleure ou un pessimiste qui rit. Certes nous ne pouvons supporter sur nos seules épaules toutes les peines du monde ; au mieux nous nous efforçons de les soulager à la mesure de nos moyens, avec la meilleure de nos volontés.

C’est seulement en oubliant un instant le pathétique du monde actuel et conscients de nos chances inouïes que nous pourrons alors prononcer ces paroles chaleureuses : « Bonne Année ! »

Au regard des misères et douleurs qui sévissent en maints endroits de la planète, le pire destin vécu en NBA fait naturellement pâle figure. C’est pourquoi il est de rigueur d’aborder le sujet sur le ton de la plaisanterie, sans aucune méchanceté, seulement avec un regard malicieux.

Ironie du sort, je jette un coup d’œil sur le classement des équipes en NBA. Boston cartonne avec un superbe 21-3 et à l’autre extrémité Minnesota s’effondre avec un dramatique bilan de 4-22. Tiens, ce sont quasiment les mêmes situations, seuls le sens des chiffres est inversé… A la vue de cet état, à n’en pas douter, KG ne doit rien regretter ! Et Gerald Green ? Soupe à la grimace assurée, j’éviterai de lui poser la question ! Quelles aspirations peut-on réserver aux joueurs de la franchise de Minneapolis qui, non contents de se débattre dans les fonds de tableaux, affrontent également des rafales de neige par une température de -12°C ? Ok, les corps et les esprits sont gelés, les résultats également donc, unique solution en vue, la cryogénisation ! Hélas pas sûr qu’il y ait une vie meilleure après le frigo ! Pour ma part, je ne suis pas vraiment convaincue d’avoir beaucoup de candidats pour l’essai « congélation ». Par contre, tout le monde prend ses valises avant que la zone ne soit déclarée polaire tant au niveau du climat que des séquelles sportives puis on se tire sous des cieux plus radieux. Miami, peut-être ? Côté statistiques ça frôle l’admission en non-valeur mais, au moins, c’est grand soleil, 24°C et la mer bien chaude à deux pas pour faire trempette ! Bon, c’est décidé, j’abandonne les conseils stupides et je m’en tiens à mon rôle initial : « Bonne Année, Minnesota ! Promis, juré, cela ne peut vraiment pas être pire dans les mois qui viennent… mieux, ça je ne sais pas ! L’espoir fait vivre… »

« Allo Boston ? Ici la France… C’est pour les bons vœux de la nouvelle année… Yes, Happy New Year Mr Garnett ! ». Ca fait bien, non ? Au fait, KG cela doit faire drôle de gagner 23 750 000 dollars l’an et se dire, qu’enfin, on n’a pas l’impression de voler son salaire car les résultats suivent ? Le quotidien des Celtics, ordinairement vert, est actuellement plus proche du rose que du noir de la saison dernière. Mes prières les plus sincères vous accompagnent pour l’obtention du titre tant mérité surtout pour les membres du trio magique. Naturellement je n’oublie pas Danny Ainge dont j’admire les qualités de kamikaze que j’étais loin de supputer ainsi que les investisseurs qui n’ont vraiment pas peur de se retrouver sur la paille si les sommes exorbitantes consacrées à la renaissance de la franchise s’avèrent un fiasco total ! « Bonne Année, les Celtics ! Je suis de tout cœur avec vous car les 6 premiers mois vont sans doute être terribles à traverser ! Interdiction formelle de se crasher lors des playoffs ! Une seule consigne, on oublie Dallas version 2006-2007 ! »

Si actuellement les Celtics brillent au firmament de la NBA, offrant enfin la juste place méritée depuis tant d’années par Kevin Garnett, Ray Allen et Paul Pierce, il ne faut surtout pas oublier que les talents de la NBA ne se limitent pas à ce merveilleux trio. Quand bien même les Cavaliers ne se placent aujourd’hui qu’en 9° position de la Conférence Est avec un bien médiocre bilan de 12-15, il sévit au sein de cette équipe le joueur le plus efficace (30.41) de la ligue en la personne de LeBron James.

The Chosen One c’est 29.7 points, 7.4 rebonds et 7.5 passes décisives en moyenne par match ! LeBron James est un génie à l’état pur. L’homme se blesse à la main et tous les matches joués en son absence sont perdus par ses coéquipiers ! De là à affirmer qu’il incarne la victoire à lui seul représente un pas que je ne franchirai pas mais il est une évidence qu’un LeBron James en grande forme impose d’ores et déjà un atout de grande valeur dans son jeu. Pour le bonheur que vous offrez, « Bonne Année, Mr James ! »

Non loin derrière Lebron James, et surtout nettement mieux encadré que le franchise player de Cleveland, il m’est impossible de faire une impasse sur Dwight Howard. Cette saison, Dwight est l’homme magique du Magic. Affichant une efficacité de 30.11 (en 2nde place derrière LeBron James), tournant au double-double de moyenne par match (23.4 points et 15.1 rebonds), il est l’artisan majeur de la 3° position d’Orlando au sein de la Conférence Est (bilan au 23.12.2007 de 18-10). Là où les spécialistes attendaient Rashard Lewis tel un sauveur de la franchise de Floride, c’est le jeune Dwight Howard (22 ans) qui s’impose magistralement comme le leader de ce collectif. Pour mon plus grand bonheur car l’homme est vraiment sympathique et tellement généreux en dehors des parquets, je suis heureuse d’avouer que Dwight Howard est désormais le meilleur pivot de la ligue, un digne successeur de Shaquille O’Neal. En hommage à vos extraordinaires compétences : « Bonne Année, Dwight Howard ! »

En dernier lieu, et ce uniquement parce que j’adore le joueur qui, au-delà de toutes les polémiques diffusées à son sujet, demeure à mes yeux le meilleur basketteur au monde actuellement, je souhaiterais réserver une pensée toute particulière à Kobe Bryant. Sans grand tapage, les Lakers sont, à ce jour, 6° de la Conférence Ouest. Kobe, comme à son accoutumé, s’est installé dans une vitesse de croisière d’un bon niveau (26.3 points – 6.2 rebonds et 4.7 passes décisives de moyenne par rencontre) qui laisse présager que son printemps devrait être explosif après le All-Star Weekend et qu’il devrait produire sans doute encore de bien beaux éclats au niveau du scoring. Le Père Noël a encore quelques cadeaux en réserve, je lui fais donc cette requête de dernière minute de bien vouloir exaucer mon vœu : « Petit Papa Noël donne-nous quelques matches au cours desquels Kobe Bryant éclatera encore les compteurs ! D’avance, merci ! » Et « Bonne Année, très bonne année, Mr Bryant ! »

Au final, ce n’est pas si pénible que cela de formuler de bons vœux… Quand l’environnement s’y prête, quand les projecteurs illuminent les parquets, que l’habileté est au rendez-vous, que les planches à billets ronronnent fébrilement, permettant d’installer des étoiles bien scintillantes à la place des gros nuages sombres, il est toujours aisé d’avoir le cœur léger et de chanter : « Bonne Année ! ».

Comme toute élève sérieuse, je relis ma copie. Et, oh surprise ! Serait-ce un bon présage ? A l’inverse du monde, gouverné par les plus riches, puissants, intelligents et instruits, sur la NBA règne une poignée de génies, Kevin Garnett, Kobe Bryant, LeBron James, Dwight Howard, tous dépourvus de ces futiles ( ?) diplômes délivrés à la sortie des universités. Ces sublimes basketteurs n’ont pas eu besoin d’un cursus universitaire pour affirmer leurs prodigieuses suprématies. Serait-ce enfin la revanche des plus « simples » ? J’aime croire en cette explication naïve car cela me permet d’espérer en un retour vers des valeurs plus fondamentales… Bonne Année, les amis !

Posted by Sarah Giraudier on January 2, 2008, 11:15 a.m. ET

Le Pere Noel Est Parfois Assassin

Les matches de Noël en NBA sont une tradition au même titre que la dinde aux marrons. Alors que la majorité des équipes font une trêve permettant aux joueurs de vivre les festivités de la Nativité en famille, quelques valeureux se dévouent afin d’assurer le spectacle. Ce jour-là, plus qu’aucun autre, le vainqueur considérera sa victoire tel un cadeau. Le perdant, s’il effectue le match à l’extérieur de surcroît, aura subi non seulement un voyage fatiguant, supporté la déception d’une défaite et, cerise sur le gâteau, n’aura même pas pu recevoir ses étrennes entouré des êtres les plus chers à son cœur.

Terrible constat, mais il est de rigueur de l’admettre, en ces instants maudits, le Père Noël est véritablement assassin.

Imaginons un peu le contexte : villa de star avec décor de Dysneyland à domicile. Madame a dévalisé les boutiques des grands couturiers afin d’être la plus belle pour son chéri. Des cuisiniers réputés ont été réquisitionnés pour concocter un repas digne des restaurants les plus réputés de la planète (menus affichant des plats tellement compliqués qu’un dictionnaire gastronomique est indispensable pour la traduction). L’indécente mélodie des milliers de dollars dépensés abusivement résonnent encore des paquets richement parés qui sont placés sous le sapin. Une famille entière, jusqu’aux cousins les plus éloignés, se presse à la porte d’entrée, rappelant une fois l’an qu’ils ont un lien de parenté susceptible de leur fournir quelques privilèges. On se croirait presque arriver au paradis quand, soudain, fausse note dans le scénario : Monsieur n’est pas là ce soir, il sert la patrie NBA.
D’un coup d’un seul tout s’effondre : les visages deviennent blafards à l’évidence de ce sabordage monstrueux (pensez donc c’était l’opportunité annuelle de racler quelques devises). Le maquillage de Madame dégouline sur sa robe qui de soirée n’est plus qu’un vague souvenir. Les enfants se déchaînent dans une crise indescriptible car la ligue a osé leur voler ce Papa qui n’appartient qu’à eux en cette journée qui est la leur. Le soufflet s’effondre et la dinde brûle. Même le sapin souffre soudainement d’une calvitie précoce !

Ces 3 dernières années, la petite histoire a voulu qu’un match soit devenu un rituel : celui opposant les Los Angeles Lakers au Heat de Miami. Trois confrontations, trois défaites des Lakers.

En 2004, c’est de peu (104 à 102) que la franchise de Floride a remporté le duel. En dépit des 42 points inscrits par Kobe Bryant, ce sont les 29 de Wade qui ont suffi. Sans Shaquille O’Neal, passé à l’ennemi, Kobe Bryant se sent bien seul. Décidément rien ne sera jamais plus comme avant, même Noël laisse un goût amer.

En 2005, Kobe s’évertue de nouveau à poster gros (37 points), mais, hélas, c’est par 97 à 92 que les Lakers sont une nouvelle fois obligés de s’incliner face au Heat. Poor little Kobe, même Papa Noël n’a pas voulu lui offrir une victoire pour flatter sa suprématie.

Malédiction ? En 2006, c’est à Miami que le collectif de Los Angeles se fait écraser par 101 à 85. Pour cette version, Kobe ne fait même pas partie du roster de base mais c’est lui qui, avec 16 points, est le meilleur scoreur de la rencontre. Logiquement insuffisant face aux 40 points et 11 passes décisives réalisés par Dwyane Wade.

Jamais deux sans trois, certes, mais on arrête les dégâts ! L’affront a assez duré, on change d’adversaire l’année suivante ! Dommage car, compte tenu du niveau actuel de l’équipe entraînée par Pat Riley (dernière de la Conférence Est avec un bilan de 8-20), Kobe Bryant aurait sans doute enfin obtenu sa revanche.

Ce sont les petites filles de Kobe Bryant qui ont du être heureuses. Contrairement à l’an passé, leur Papa ne s’est pas envolé à l’autre bout du pays, il s’est battu à domicile. Pourtant, la bataille s’annonçait encore plus rude que les saisons précédentes. Les Phoenix Suns, 3° de la Conférence Ouest avec un bilan de 19-9, sont un véritable cauchemar d’ordinaire pour les Lakers (les Suns ont responsables de l’élimination des Lakers des playoffs en 2006 et 2007).

Quel que soit le challenge Kobe demeure Bryant, surtout un jour de Noël et, de surcroît, dans SON temple du Staples Center, devant SA foule de supporters. Le match de Noël pour la star des Lakers c’est comme celui du All-Star Weekend : du spectacle avant tout, un carton assuré au compteur lorsque le génie est en grande forme. La chaleur de Floride a gâché ses 3 derniers Noël ; les soleils de l’Arizona ont beau être brûlants, ils ne parviendront pas à altérer sa volonté de vaincre. Kobe est en bonne condition physique ces derniers temps : depuis le début de la saison il tourne à un régime de 27.2 points de moyenne, tout en ayant atteint ou dépassé les 30 points à 9 reprises. Et si on s’éclatait encore ce 25 Décembre 2007 ? Cela doit être la question qu’il s’est posé en arrivant sur le parquet.

La roue tourne. Pour la première fois depuis 4 ans Kobe Bryant avait la tête dans les étoiles ce jour de Noël. Et le tout jeune Andrew Bynum était à ses côtés. L’élève du très grand Kareem Abdul Jabbar a réalisé un magnifique double-double (28 points et 12 rebonds) tandis que le Maître inscrivait ses 38 points pour 5 rebonds et 7 passes décisives. Kobe Bryant, le plus jeune joueur de tous les temps à avoir marqué plus de 20 000 points et ce 14 jours seulement avant Wilt Chamberlain (le seul auquel il puisse encore être comparé) a le vent en poupe en ce moment. Les Lakers ont vaincu les Suns par 122 à 115. Kobe, à n’en pas douter, était heureux.

A l’autre bout du pays, Dwyane Wade s’enfonçait dans le scénario désespérant qui est le sien depuis le début de la saison : 22 points, 6 rebonds et 8 passes mais la défaite au final (on pense inévitablement à Allen Iverson au temps de ses déboires avec les Philadelphia 76ers). La roue tourne. Wade est bien seul et ses prouesses ne peuvent engendrer des miracles. Le Shaq vieillit, bien, mais vieillit tout de même : il ne peut contribuer que de 13 points et 9 rebonds. Ce qui est déjà un record en soit compte tenu de son âge (36 ans le 06 Mars prochain). Cette année ce n’était point Kobe face à Wade mais The Chosen One, le joueur le plus efficace actuellement en NBA. Lebron James s’est offert 25 points, 6 rebonds et 12 passes décisives pour Noël et le Heat se fait froid dans le dos avec une nouvelle défaite par 96 à 82.

Lorsque j’ai appris quels étaient les 3 matches de Noël cette année, je me suis réjouie en priant pour que ce soit celui des Lakers qui soit télévisé ; celui des Cavaliers face au Heat me convenait très bien ; par contre je n’étais guère enthousiasmée à l’idée d’assister à celui opposant les Portland Trail Blazers aux Seattle Supersonics (on possède inévitablement ses préférences). Au terme, c’est cette dernière rencontre qui a été retransmise et je dois avouer que j’ai été plutôt contente d’être le témoin de la 11° victoire consécutive de Brandon Roy et de ses coéquipiers par 89 à 79. Les 23 points et 6 rebonds de Kevin Durant, comme hier les exploits de Kobe Bryant, n’ont pas été suffisants face à l’enthousiasme d’un Brandon Roy et de ses 17 points, 6 rebonds et 7 passes décisives.

Au final de ces 3 parties, il y avait, comme dans toute compétition, ceux qui se trouvaient sur un petit nuage, qui étaient convaincus que Noël c’est vraiment magique puis il se trouvait le clan de ceux qui pensaient que, même en ce jour bénit, le Ciel est vraiment trop injuste, que le Père Noël, contrairement à la légende, est parfois assassin !

Posted by Sarah Giraudier on December 27, 2007, 10:00 a.m. ET

Des Hommes Heureux

Sur l’affiche d’un film sorti en 1978 était précisé : « L’important est de ne jamais désespérer ». A n’en pas douter ils ont fait preuve d'une dose de courage enorme. En effet si l’on considère le désappointement chronique dont souffrait à juste titre Kevin Garnett aux Minnesota Timberwolves ou la frustration légitime de Ray Allen aux Seattle Supersonics, beaucoup, d’un prime abord, n’ont pas vraiment saisi leur choix respectif d’intégrer le collectif d’une franchise qui, au terme de la saison 2006-2007 se classait en dernière position de la Conférence Est et en avant-dernière place de toute la ligue.

NBAE Getty Images
Kevin Garnett of the Boston Celtics and Shaquille O'Neal of the Miami Heat take a breather.

Certes Boston jouit d’un passé glorieux avec un total de 16 titres mais l’ultime a été remporté en 1986 soit des lustres en NBA. Bien sûr la capitale du Massachussets est une ville réputée pour son excellence culturelle, toutefois nous ne sommes pas vraiment convaincus que ce soit cet argument qui ait influencé la décision de nos 2 acolytes. Ayant consulté de très près tous les paramètres aptes à avoir séduit deux talentueux joueurs tels que Kevin Garnett et Ray Allen, - le patrimoine architectural historique, les collections exceptionnelles des musées, la qualité de l’enseignement dispensé dans les institutions, engouement pour les Red Sox, ville natale de Benjamin Franklin et de JFK -, nous ne sommes parvenus qu’à une seule conclusion plausible : leur passion pour Ally McBeal. Héroïne bostonienne à l’imagination débridée frôlant maintes fois le délire et plongeant régulièrement dans un océan d’hallucinations, Ally est la grande sœur de nos 2 basketteurs chevronnés. En effet, de son côté, elle focalise en permanence sur son désir de rencontrer le grand amour et de fonder une famille ; toutefois, au terme des 111 épisodes, nous sommes retournés à la case départ ; entre temps, Ally McBeal a vécu quelques bonnes aventures qui se sont toutes achevées lamentablement, a terriblement fantasmé sur la gent masculine et a surtout beaucoup pleuré. Pour leur part, nos deux héros s’agitent sur les parquets depuis plus de 10 ans, ont certes partagé des moments agréables voire palpitants avec leurs coéquipiers et glané de jolies récompenses saluant leurs qualités indiscutables, toutefois, il est raisonnable de concéder que leur bilan ne renvoie guère le reflet d’une carrière bien accomplie.

Aussi lorsque nous avons appris, dans un premier temps, le transfert de Ray Allen pour les Celtics, nous sommes tombés des nues. Avec 31 victoires pour 51 défaites, les Sonics logent certes dans les fonds de tableau mais en rejoignant l’effectif de Boston, Ray intègre une équipe qui n’a terminé qu’avec 24 victoires pour 58 défaites et réside donc au 36° dessous. Compte tenu de notre certitude inébranlable relative à la santé mentale de Ray Allen, nous nous sommes doutés qu’il y avait anguille sous roche. Nos suspicions se sont révélées exactes quand a été conclu l’échange entre les Celtics et les Wolves visant à trader le Big Ticket dans la capitale bostonienne. Bon, on va être francs avec vous car entre amis il faut être sincères : sur le coup on a d’abord blêmi. Si, si, blanc de blanc, plus pâle que nous tu meurs. La frayeur de notre vie. Certes nous l’avions ardemment souhaité ce départ de KG : on avait invoqué tous les dieux et déesses de la création, réalisé les plus infâmes potions magiques, récité des centaines d’incantations, bref la totale ! Nous rêvions Lakers, Suns, peut-être même Pistons ! Loin de nos esprits l’idée d’envisager Garnett déguisé en Hulk ! Ray Allen nous apparaissait déjà tel un nain jardin écolo des pieds à la tête mais KG en Géant Vert, c’était le pompon ! Certes le ridicule ne tue pas, l’erreur est humaine, blablabla, blablabla… Balivernes ! Passé le choc, la bombe a explosé et nous fulminions ! Comment pouvait-on être assez stupides pour accepter un transfert dans une franchise aussi nulle que les Celtics ? (pardon sincère à tous les supporters, les dirigeants, les anciens et les actuels joueurs de Boston mais la colère engendre les pires réactions).

Bien que cette épreuve, ce supplice même, n’ayons pas peur des mots, ait agi telle une douche glacée, nous avons durement combattu afin de surmonter la déprime dans laquelle nous sombrions pitoyablement. Bref nous avons avalé toutes les plaquettes de Prozac, Lexomil, Tranxene et autre Valium que nous avions sous la main. Les semaines furent longues, tragiquement interminables, jusqu’à la reprise de la saison régulière. Nous avions mangé la quasi-totalité de nos ongles, nous nous étions arraché une bonne partie des cheveux et avions éclaté nos taux de nervosité à des sommets inimaginables lorsque le 02 Novembre a enfin pointé le bout de son nez. C’est dans un état de délabrement avancé que nous abordions le début de saison.

En dépit des valises présentes sous nos yeux, nous avons tout de même eu le courage de river nos regards sur nos écrans d’ordinateur afin de suivre en direct le premier match en martiens de Kevin Garnett et Ray Allen.
Au sein de l’Eglise catholique, le 02 Novembre commémore la mémoire des fidèles défunts ; cette date allait-elle sonner prématurément le glas pour les Celtics trop habitués ces derniers mois aux fonds de classements ? C’est alors que l’image d’Ally McBeal nous est apparue. Qu’aurait fait l’avocate chroniquement déprimée face à un procès apparemment perdu d’avance ? Elle aurait follement improvisé, elle se serait lâchée et elle aurait gagné ! Ally devait être dans les gradins ce soir-là et elle a sans doute inspiré les basketteurs de Boston. Miracle face aux Washington Wizards. Les Celtics l’emportent par 103 à 83. Au coup de sifflet final nous avons poussé un grand soupir de soulagement qui, à défaut de réellement nous rassurer pour le reste de l’année, nous a permis d’éviter la crise cardiaque. Puis, fiers comme Artaban, nous avons examiné les performances du trio vedette. KG commençait fort avec 22 points et 20 rebonds, suivi par Paul Pierce qui scora 28 points et aidé par Ray Allen avec 17 points. Résultats issus du pur fruit du hasard ? Compétences confirmées s’affirmant enfin dans une équipe digne de ce nom ? Nous n’allions pas tarder à le savoir.
Le 04 Novembre, les Celtics se retrouvent face aux Toronto Raptors. Nouvelle victoire 98 à 95 dont 33 points de Ray Allen soutenu par Kevin Garnett auteur de 23 points et 13 rebonds. Nous commencions à prendre vraiment confiance en ce nouveau collectif.

Le 07 Novembre, l’affiche est alléchante : les Denver Nuggets d’Allen Iverson, Carmelo Anthony et le toujours vert (il aurait dû jouer à Boston) Marcus Camby. Victoire sans appel des Celtics par 119 à 93. Le trio fait des étincelles : Garnett marque 23 points, prend 13 rebonds et réalise 7 passes tandis que Paul Pierce ajoute 26 points et Ray Allen 22. Pas mal du tout ! On en redemande !

Tant mieux car le 09 Novembre ce sont les Atlanta Hawks qui sont au programme. Les ogres verts ne font qu’une bouchée des oisillons de Georgie : nouveau triomphe par 106 à 83. KG s’éclate avec 27 points, 19 rebonds et 6 passes tandis que Paul Pierce contribue avec 23 points. Encore, encore !
Le 10 Novembre les victimes sont les New Jersey Nets qui sont battus par 112 à 101 dont 27 points, 10 rebonds et 5 passes de Ray Allen. Le Big Ticket, de son côté, poste 18 points, prend 14 rebonds et exécute 6 passes tandis que Paul Pierce s’envole avec 28 points. A eux 3 ils ont marqué 73 des 112 points du collectif bostonien.

Le 13 Novembre c’est au tour des Indiana Pacers de faire les frais de la renaissance des Celtics en étant dominés par 101 à 86 dont 31 points, 11 rebonds et 6 passes de Paul Pierce. La roue tourne de soir en soir, désignant son nouvel homme du match mais l’ensemble est toujours aussi efficace car KG marque 18 points et prend 11 rebonds tandis que Ray Allen valide 17 points.
Le 14 Novembre, retour des New Jersey Nets et second succès pour la franchise de Boston qui l’emporte par 91 à 69. Chaque joueur du trio marque une quinzaine de points.

Le 16 Novembre, la victoire face au Heat de Miami est plus difficile à conquérir car l’écart est infime (92 à 91) mais l’essentiel est préserver : gagner. KG est toujours très en forme avec 26 points et 11 rebonds, accompagné par Ray Allen et ses 19 points.
Le 18 Novembre, il fallait bien que cela arrive, c’est la 1° défaite face au 2nd de la Conférence Est : le Magic d’Orlando. Les deux équipes ont un niveau excellent mais Dwight Howard et ses coéquipiers parviennent tout de même à vaincre les hommes de Doc Rivers par 104 à 102. Petit accident de parcours, a-t-on désormais envie de clamer. Paul Pierce a scoré 28 points, KG n’est parvenu qu’à 14 mais a pris 11 rebonds tandis que Ray Allen a terminé avec 19 points.

Le match de rattrapage a lieu le 21 Novembre face aux Golden State Warriors. Examen réussi : retour de la réussite avec un beau 105 à 82. Ray Allen domine avec 21 points et 7 rebonds mais KG est très proche avec 20 points et 10 rebonds comme Paul Pierce qui totalise 19 points et 10 rebonds. Efficacité quand tu parviens à t’exprimer, ciel que c’est magique !

Dix rencontres, neuf victoires et une 1° place bien méritée en tête de la Conférence Est. Les supporters ne doivent pas revenir, nous non plus d’ailleurs ! Le staff respire, Danny Ainge se sent un peu plus à l’aise sur son siège éjectable qu’il a cédé à Isiah Thomas et les joueurs affichent un sourire Colgate digne des stars de Hollywood lorsqu’elles remontent le tapis rouge pour la cérémonie des Oscars.
Mea culpa. Nous avions tort. Non, non, il n’y a pas de honte à reconnaître ses erreurs. Nous nous étions plantés en beauté ! Mauvaises langues, esprits défaitistes, pronostics d’amateurs, nous n’avions rien prévu ! Ally savait, elle, qu’avec un peu de folie, beaucoup d’imagination et quelques effets spéciaux, le meilleur pouvait se produire.

Certes l’aventure est loin d’être achevée. Toutefois, désormais, nous conservons l’espoir dont la couleur est le vert. Tiens, quelle coïncidence ! En tout état de cause, quelle que soit l’issue finale, le présent nous permet d’assister à un spectacle auquel nous n’avions pas participé depuis des lustres : des Celtics qui gagnent ! Nous avons la chance d’admirer le bonheur vrai et sincère alors que l’actualité est globalement morose, que beaucoup revendiquent, luttent pour peu et survivent tant bien que mal. Nous avons le privilège de contempler des hommes heureux.

Posted by Sarah Giraudier on December 03, 2007, 10:30 a.m. ET